Tarwater

Vu par Magic

The Needle Was Travelling

archive mag avril 2005
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Ami dépressif, passe ton chemin, l'intitulé du nouvel album de Tarwater n'annonce en rien une étude catastrophée sur l'addiction à l'héroïne, bien au contraire. Le soleil est plus que jamais de la partie ici. Il contribue à faire fondre les lignes droites séparant mélodie et modelage, entreprise à laquelle le duo berlinois s'attelle depuis ses débuts, pour tracer maintenant les sinusoïdes parcourant la pochette de ce sixième effort sur la longueur, le premier à paraître chez Morr Music. Voilà encore un groupe phare de Kitty-Yo qui tente l'échappée, et la luminosité dont témoigne The Needle Was Travelling (la formation semble y travailler depuis le prémonitoire Animals, Suns & Atoms en 2000) prend irréfutablement l'allure de l'émancipation. Tarwater veut grandir comme la plupart des grands groupes allemands, passés, tels Can, de la conception d'albums ardus (Tago Mago) à des ritournelles souples et presque disco, celles chéries par Bertrand Burgalat. En attendant de s'acoquiner un jour avec Tricatel, Bernd Jestram et Ronald Lippok découvrent les joies de l'incarnation, par l'utilisation, habile mais économe (on ne se refait pas), de la contrebasse, de la batterie ou de la guitare, alliée à des programmations posées et méthodiques et à cette voix blanche reconnaissable entre mille. Le propos reste atypique et lunaire, mais la présence de compères aimant à musarder dans l'herbe comme Schneider TM précise une ambition plus hédoniste, jusqu'à laisser parfois tourner les machines toutes seules. À quand un disque de reggae ?

JULIEN WELTER

article extrait de :
MAGIC RPM #89


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