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N’ayant pas voulu prendre racine au sein des excellents The Concretes, Victoria Bergsman se cache désormais derrière le joli patronyme verdoyant de son projet solitaire. Avant cela, la Suédoise a volé de branche en branche, prêtant son joli brin de voix à Peter, Björn et John (la scie Young Folks) ou assurant les chœurs dans l’ombre de Camera Obscura. En retour d’ascenseur, les Écossais lui ont offert Lost And Found (l’un des sommets de l’album), John Erikkson se charge des vibraphones et autres marimbas, et Bjorn Yttling se met au service (gagnant) d’une production ouverte à tous les vents. Armée d’une voix joliment cassée, Bergsman joue les belles des champs et promène des comptines limpides (Sunshine Lady, Tell Me) qu’elle nimbe parfois d’un xylophone nuageux (Only Yesterday). À la manière de Colin Blunstone, Victoria s’éloigne le temps de l’instrumental Open Field, où cordes et cuivres s’ébattent délicatement dans un champ éclaboussé de soleil. Elle incarne à merveille cette “girl next door” dont les mélodies matinales traversent la cloison pour nous réveiller avec le sourire (Hours Pass Like Centuries, avec le piano complice de Verity Susman). Malgré tout, l’inspiration tourne en rond dans ce pré carré de mélancolie boisée, et les meilleurs titres (Too Young, Julia, The Legend) au chant embrumé de réverb’ évoquent sa compatriote El Perro Del Marr, sans en atteindre la charmante étrangeté. Pour une fois, Victoria Bergsman ne concrétise pas tout à fait les espoirs placés en elle.
Thibaut Allemand
MAGIC RPM  #115


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