Voici deux ans, Victoria Bergsman nous avait gratifiés d’un
agréable disque folk. Son titre (Open Field) et ce pseudonyme forestier
laissaient le champ libre à toutes les métaphores bucoliques. Naïf, on ne se
doutait pas que ce “champ ouvert”, où toutes les
barrières ont été abattues, s’avérerait tellement chargé de sens aujourd’hui.
Car loin de se contenter de folk songs boisées, Bergsman s’est lancé un défi. Elle
a donc traversé quelques frontières, s’est installée au Pakistan et quitté le
confort de l’indie pop pour rejoindre une Indipop plus aventurière.
Aidée du guitariste Andreas Soderstrom (Ass, Pallin), la Suédoise nous souffle littéralement. Car on pouvait craindre le pire : le saupoudrage Bollywood bon teint ou la vaine tentative world music (à ce sujet, en quoi la pop française ou anglo-saxonne seraient-elles des musiques hors monde ?). Or, Bergsman sautille allègrement au dessus de ces chausse-trappes et compose des chansons qui doivent autant à son propre songwriting qu’aux influences extérieures. Dan Lissvik (moitié de Studio) s’est chargé de produire l’ensemble avec une discrétion exemplaire. S’il fallait extraire quelques titres, on pourrait citer Anna, dans lequel la voix plaintive de Victoria se voit répondre par des chœurs enchanteurs. Ou My Boys, relecture habile d’Animal Collective (My Girls), qui souligne le talent d’interprète de la Bergsman, en transformant les envolées vocales sur boucles synthétiques en une douce mélopée sur fond de guitares.
Ou encore Wapas Karna, durant lequel la demoiselle s’échappe, nous laissant seul dans une rue d’Islamabad. À vrai dire, aucun titre ne se détache de cette œuvre cohérente et ramassée (neuf titres, une petite demi-heure). Mais tous plongent l’auditeur dans une douce torpeur, un état de béatitude entretenu par les tablas, chœurs soufis et une voix éraillée. À la manière de Kate Bush ou de Sheila Chandra, et avec une modestie audacieuse, Victoria Bergsman livre un album qui réunit plusieurs mondes et dans lequel on se replonge avec une délectation chaque fois plus grande. Une réussite totale.
Aidée du guitariste Andreas Soderstrom (Ass, Pallin), la Suédoise nous souffle littéralement. Car on pouvait craindre le pire : le saupoudrage Bollywood bon teint ou la vaine tentative world music (à ce sujet, en quoi la pop française ou anglo-saxonne seraient-elles des musiques hors monde ?). Or, Bergsman sautille allègrement au dessus de ces chausse-trappes et compose des chansons qui doivent autant à son propre songwriting qu’aux influences extérieures. Dan Lissvik (moitié de Studio) s’est chargé de produire l’ensemble avec une discrétion exemplaire. S’il fallait extraire quelques titres, on pourrait citer Anna, dans lequel la voix plaintive de Victoria se voit répondre par des chœurs enchanteurs. Ou My Boys, relecture habile d’Animal Collective (My Girls), qui souligne le talent d’interprète de la Bergsman, en transformant les envolées vocales sur boucles synthétiques en une douce mélopée sur fond de guitares.
Ou encore Wapas Karna, durant lequel la demoiselle s’échappe, nous laissant seul dans une rue d’Islamabad. À vrai dire, aucun titre ne se détache de cette œuvre cohérente et ramassée (neuf titres, une petite demi-heure). Mais tous plongent l’auditeur dans une douce torpeur, un état de béatitude entretenu par les tablas, chœurs soufis et une voix éraillée. À la manière de Kate Bush ou de Sheila Chandra, et avec une modestie audacieuse, Victoria Bergsman livre un album qui réunit plusieurs mondes et dans lequel on se replonge avec une délectation chaque fois plus grande. Une réussite totale.