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Fosbury
archive mag avril 2005
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Troisième étape du parcours surprenant du quatuor parisiano-rouennais devenu Big In Japan, comme le chantait en son temps Alphaville, ce Fosbury tente de réaliser le grand saut du côté des musiques noires. Ce succès inattendu en pays nippon lui aura en tout cas permis de placer la barre très haut et de réinvestir un bon paquet de yens pour s'attacher les services des ingénieurs du son d'OutKast et de N.E.R.D. C'est donc fort logiquement que ces quatorze exercices de pop funkisante, parés des plus chatoyants atours du r'n'b contemporain et impeccablement produits, récoltent de fort bonnes notes pour la partie technique. Pour ce qui concerne l'évaluation de la créativité et de l'originalité des figures, on se doit, en revanche, d'être plus réservé. Ces chansons guillerettes charment parfois par leur légèreté. Mais, à trop vouloir recouvrir ses amours d'origine pour XTC ou The Beach Boys d'une bonne couche de cirage noir, et en citant (trop) abondamment Curtis Mayfield ou le Philly Sound, Tahiti 80 finit par perdre une partie de ses qualités passées. L'absence de mélodies fortes, comme on pouvait encore en entendre sur leur précédent opus, déçoit sur la longueur et la sempiternelle comparaison avec Phoenix, dans un registre de plus en plus proche, joue cette fois en la défaveur des petits sauteurs rouennais. Bref, un album moitié Fosbury et moitié flop.
MATTHIEU GRUNFELD
article extrait de :
MAGIC RPM #89
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