T. Raumschmiere
Vu par Magic
Blitzkrieg Pop
archive mag août 2005
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Fort d'une réputation de babouin éructant, soucieux de réserver à ses machines le sort peu enviable qu'il inflige à ses cordes vocales (le tout à destination de la frange la plus rustaude du public des festivals d'été), T.Raumschmiere vient de franchir un point de non-retour dans la pantalonnade. Soucieux de revenir à ses premières amours (le punk et le hardcore, dans leur versant étiolé et gras) afin de les faire voisiner avec une techno minimale qu'il a parfois portée vers le haut grâce aux albums Himmel Über Berlin (2001) ou Anti (2002), cet Allemand bouillonnant n'a plus l'effronterie heureuse. Sabordant une mécanique electro qui aurait un peu trop tendance à fonctionner (All Systems Go! ou Die Grottenholm, deux instrumentaux à peu près valables, dans la lignée de Salaryman), il plaque parties de guitares industrielles et vocaux désastreux sur des compositions d'une inanité sidérale. Pas drôles, ses intitulés (Sick Like Me, An Army Of Watt, Patridiot) annoncent autant de naufrages prenant la forme d'une reprise de Nitzer Ebb par Offspring, ou d'une tentative de nous rappeler au souvenir de l'horrible groupe français Pills et son hit nauséeux Rock Me. Quand il s'abstient de délivrer quelques performances vocales de son cru, il parodie Console (Diving In Whiskey) avec le concours d'invités dont les featurings sont consternants, comme sur A Very Loud Lullaby, vague décalque d'un groupe scandinave auditionnant pour l'Eurovision, quelque part entre Roxette et Berlin (le refrain We Suck The Pain n'arrangeant rien à l'affaire). Absolument navrant.
JULIEN WELTER
article extrait de :
MAGIC RPM #93
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