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Down To The Bone - An Acoustic Tribute To Depeche Mode de Sylvain Chauveau

chronique d'album
Certes, ce n'est plus une découverte. Que Martin Gore soit l'un des plus brillants compositeurs de sa génération, que ses chansons gardent cette imparable évidence mélodique, quelle que soit la forme revêtue, sont désormais des causes enten-dues, en particulier depuis la sortie en 1997 du fameux hommage For The Masses, mais aussi de ces reprises disséminées, signées Tori Amos ou Johnny Cash, voire du disque réalisé en catimini par l'ex-Timbuck 3 Pat McDonald, Strange Love. N'empêche... Il faut encore du courage, un grain de folie même, pour vouloir s'attaquer à un répertoire qui a su malgré les railleries passées résister de si belle manière à l'emprise du temps et des tendances. Et du talent pour réussir un tel pari. L'iconoclaste Sylvain Chauveau est visiblement pourvu de toutes ces qualités. Auxquelles il ajoute même un effet de surprise, tant ce garçon aux multiples projets (en solo ou avec Micro:Mega, Arca, etc.) laisse libre cours depuis plusieurs années à son obsession pour une musique oblique et instrumentale, à sa pas-sion pour le silence. Ou plutôt pour l'importance musicale du silence. Alors, le fait de le retrouver face à ces pop songs étonne, bien sûr. Mais il suffit d'écouter les premières notes de piano de Stripped pour saisir le bien-fondé de la démarche. Dès le titre de l'album, Down To The Bone paroles extrai-tes de la chanson susmentionnée, judicieusement placée en ouverture , le jeune homme a divulgué ses intentions. Livrer dans des versions dénudées fantasmées ? ses morceaux préférés de Depe-che Mode, épaulé dans son entreprise par les musiciens surdoués de l'Ensemble Nocturne. Certes, l'ex-Watermelon Club ne peut totalement renier ses attirances naturelles le clin d'oeil (Enjoy) The Silence, plage... silencieuse de trente secondes , mais il se dévoile surtout en interprète captivant, doté d'une voix envoûtante et délicieusement émouvante. Ce disque noctambule évite à merveille l'écueil de l'exercice de style pour offrir un nouvel éclairage tamisé, bien sûr à ces compositions dont on croyait pourtant connaître le moindre recoin. Les accords de guitare hispanisants de Death's Door, le piano entêtant et le violoncelle lancinant de In Your Room pour l'occasion métamorphosé en man-sarde baignée de sensualité offrent ainsi à ces titres une nouvelle virginité. Le martial Never Let Me Down Again devient une complainte qui force l'admiration, le profane Blasphemous Rumours, un can-tique que l'on écoute religieusement, persuadé qu'il a été imaginé jadis par Mark Hollis. D'ailleurs, toutes empreintes d'une douce mélancolie, chacune de ces troublantes reprises inspire même une certaine... Devotion.
CHRISTOPHE BASTERRA
MAGIC RPM  #96
article extrait de :
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