Depuis sa victoire méritée au premier concours CQFD des Inrockuptibles, Jonathan Morali a
endossé son rôle avec tact et dévotion : ne jamais décevoir ceux qui ont cru en
lui et rallier le maximum de jeunes gens nostalgiques d'une époque qu'ils n'ont
jamais connue. Entre deux bons albums émaillés de pépites mineures – A
Whisper An A Sigh (2003) et Someday We Will Foresee Obstacles (2005)
– et des concerts généreux, il a tissé avec soin sa vision d'un folk
atmosphérique, mélancolique et spacieux, coulant naturellement de Robert Wyatt
à Grandaddy et de Pink Floyd à Radiohead. Son troisième opus, Ghost Days, fait suite à son travail sur la
bande originale de La Question Humaine (2007), le film de Nicolas Klotz sélectionné à la Quinzaine des
Réalisateurs du dernier Festival de Cannes. Une expérience qui a convaincu Syd
Matters de se concentrer sur l'essentiel plutôt que de gagner en séduction, et
de chercher à l'intérieur ce qui le lie à la musique et à la création.
Ainsi, il s'est volontairement extrait des frictions mondaines pour écrire face à lui-même, dans le vide événementiel de son appartement. En résulte un disque à la somnolence communicative, serein dans l'expression de l'absence et de l'immobilité. Un disque aux textures apaisées et apaisantes qui revendique la demi-teinte, sans pic ni plongeon. Comme à l'accoutumée, c'est la voix traînante de Morali, celle d'un Thom Yorke débarrassée des larmoiements félins, qui imprime sa signature sur un genre trop souvent désincarné. Grâce à ce travail d'introspection, Jonathan confirme donc son statut d'auteur, avec les qualités et les travers de ses équivalents du cinéma français. On osera même faire cette comparaison finale à la logique conjoncturelle : à l’instar La Question Humaine, Ghost Days est beau et chiant.
Ainsi, il s'est volontairement extrait des frictions mondaines pour écrire face à lui-même, dans le vide événementiel de son appartement. En résulte un disque à la somnolence communicative, serein dans l'expression de l'absence et de l'immobilité. Un disque aux textures apaisées et apaisantes qui revendique la demi-teinte, sans pic ni plongeon. Comme à l'accoutumée, c'est la voix traînante de Morali, celle d'un Thom Yorke débarrassée des larmoiements félins, qui imprime sa signature sur un genre trop souvent désincarné. Grâce à ce travail d'introspection, Jonathan confirme donc son statut d'auteur, avec les qualités et les travers de ses équivalents du cinéma français. On osera même faire cette comparaison finale à la logique conjoncturelle : à l’instar La Question Humaine, Ghost Days est beau et chiant.