On pourrait, à tort, envisager Swell comme un groupe mineur : ni jeune loup enragé ni vieille carne forcément passionnante, c'est à peine si ce combo américain a un visage. Pourtant, Swell enregistre depuis des années parmi les disques les plus enthousiasmants de sa génération, ancrés dans une tradition pop à guitares abrasives dont The House Of Love et The Wedding Present détenaient jadis la formule. On se souvient, mieux, on écoute encore des ritournelles issues de …Well?, Too Many Days Without Thinking et For All The Beautiful People, le temps apportant à ces petits miracles de trois minutes une patine bienvenue. En un mot, Swell vieillit bien.
Enregistré dans la cuisine et le garage de la maison du batteur et peintre Sean Kirkpatrick, ce septième opus allie à nouveau guitares en bois millésimé et riffs électriques carrés sur fond de rythmiques métronomiques, le tout saupoudré de quelques pincées d'électronique. La formule a fait ses preuves. Certes, on ne trouvera rien ici de vraiment novateur, le groupe de David Freel s'en tenant scrupuleusement à son cahier des charges, c'est-à-dire répéter sans faillir des suites d'accords (jamais plus de trois pour une même chanson) profondément ancrées dans l'inconscient collectif. À la façon d'artisans d'une autre époque, les deux musiciens, encore au rendez-vous de ce siècle de perdition audiovisuelle, délivrent une musique solide et sans fioriture, accessible mais jamais désuète. À redécouvir dans les plus brefs délais.