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South Of The Rain And Snow de Swell

chronique d'album
Déjà disponible à la commande sur le Net depuis quelques mois, ce discret come-back de David Freel se voit gratifier d’une sortie officielle grâce à la volonté et l’obstination de Sean Bouchard (Talitres), qui réalise ainsi l’un de ses plus beaux rêves. Et s’il est vrai qu’on avait lâchement laissé tomber l’affaire, après le très décevant For All The Beautiful People (1998), on gardait toute notre estime pour les quatre albums qui précédèrent, parangons d’un rock américain de l’époque (1990-97) où Swell fut à raison, juste avant Sparklehorse et à l’instar de The National aujourd’hui, autant chouchouté par la critique que célébré par le public. Désormais seul maître à bord, David Freel a pris le large, se contentant d’envoyer ce genre de télégramme, comme si sa vie n’en dépendait plus : “I got no problems, I’m just waiting for a beer, while yesterday’s small times become yesterday’s year” (Waiting For A Beer). Loin des scintillants plastrons d’antan, Freel cultive ses chansons discrètes et réconfortantes en quasi-autarcie. Et ce n’est pas à cette allure-là qu’il risque de lui arriver malheur. Tel un JJ Cale échoué sur la West Coast, il répond au Trouble Loves Me de Morrissey par un Trouble Loves You de bon aloi. Comme l’impeccable Auditorium des cousins de L.A. Radar Bros le mois dernier, South Of The Rain And Snow demande peu d’attention et enivre vite, au point qu’on s’y laisse couler sans la moindre résistance. Perdu dans son confortable cafard, David Freel ne semble pourtant pas si accablé. Ces jours-ci, il peint plus qu’il ne chante, dit-on. Fait de peu, ce disque consolant et fraternel nous suffit amplement.
Étienne Greib
MAGIC RPM  #120


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