À chaque sortie d'un nouvel album de Suzanne Vega, c'est un peu comme si l'on retrouvait une grande soeur qui se serait expatriée à l'autre bout du monde. Comme si rien n'était, on reprend des conversations restées sans suite à son départ. Sur Nine Objects Of Desire, elle chantait les anxiétés et les joies d'une récente maternité. Aujourd'hui, elle rend compte de la séparation avec son ex-producteur de mari, Mitchell Froom. D'entrée de jeu, la rouquine fait acte de pénitence (Penitent) car elle sait bien que les torts sont partagés dans la difficile période sentimentale qu'elle vient de traverser. Les textes de Widow's Walk ne sont guère encourageants en ce qui concerne la grande institution du mariage : "Consider me a widow, boys/And I will tell you why/It's not the man, but it's the marriage/That was drowned". Suzanne Vega dévoile ainsi l'intimité de sa vie de couple brisée. A-t-elle été une femme bafouée comme le laisse entendre la chanson Maggie May (acerbe réponse au classique de Rod Stewart) ? A-t-elle eu des mots avec la famille de son ancien conjoint (Song In Red And Grey) ? On lais-sera les journaux people répondre à ces quelques interrogations pour se concentrer sur les somptueuses compositions de la belle. Car on succombe toujours à ses délicates vocalises, ses arpèges de guitares et autres glissés de quatre-cordes du fidèle Mike Visceglia. Les forces (toutes acoustiques et boisées) de Vega débarquent sur la terre. Préparez les mouchoirs.