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Il est toujours bon de rappeler que la musique électronique ne sert pas seulement à faire gigoter une foule de danseurs dans les clubs. Pour Susumo Yokota, l'affaire est entendue. Le Japonais fricote habituellement autant avec la house, la techno, le disco ou la drum'n'bass qu'il jongle avec les pseudonymes. Avec Magic Thread, deuxième volet d'une trilogie ambient torturée et expérimentale, il va très loin dans la direction opposée. Mais attention, ce disque est d'un tel minimalisme, d'une telle abstraction, que l'écouter dans de mauvaises conditions le rendrait rapidement plus assommant qu'une boîte de Lexomil. Pour saisir la beauté complexe et évocatoire qui se dégage de ces onze titres, l'idéal serait, disons, de les écouter au casque tout en déambulant de nuit dans un Tokyo vide et plein de néons, ou dans son bain en pleine séquence de relaxation. Yokota triture les sons, les découpes, les recolle, et les sert accompagnés d'étranges percussions, de bruits industriels, voire, çà et là, d'un beat oppressif, cardiaque. Tout cela avec un vrai sens de la mesure et de l'atmosphère. À consommer tout de même avec modération, tant l'approche musicale est extrême et risque de dérouter. Et puis un disque que l'on peut écouter partout et n'importe quand, c'est quand même mieux.
Gilles Duhem
MAGIC RPM  #43
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