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Diamond Hoo Ha
archive mag avril 2008
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Dur destin que celui des talents précoces. Voici la trentaine arrivée, déjà quinze ans de carrière et une question incontournable brûle trop vite les lèvres : que peut-on attendre aujourd’hui de Supergrass ? À l’heure de découvrir ce sixième opus, une évidence s’impose : le groupe est parvenu à épuiser l’essentiel de sa substance sur trois premiers albums denses et vitaux et n’égalera sans doute jamais plus ces condensés de fougue adolescente. Pour autant, il serait sans doute injuste de négliger Diamond Hoo Ha ou de prétendre y dénicher autre chose que ce qu’il prétend offrir : une poignée de très bonnes chansons, bien meilleures et bien plus homogènes que celles que l’on pouvait entendre sur Life On Other Planets (2002) et Road To Rouen (2005), les deux précédents efforts partiellement avortés du quatuor. Puisant sa sève dans l’énergie de ses performances scénique, rarement décevantes, Supergrass s’est empressé de saisir sur le vif ces onze titres dans le lieu et l’instant de leur surgissement, sans leur laisser le temps de s’affadir ni d’atteindre une maturité qui ne leur siérait guère. De Londres à Berlin en passant par Toulouse ou Reykjavík, Gaz Coombes et ses comparses à tête de cartoons sont ainsi parvenus à renouer avec une insouciance salutaire et une spontanéité mélodique qui rendent la plupart de ces nouvelles compositions extrêmement attachantes à défaut d’être indispensables.
Matthieu Grunfeld
article extrait de :
MAGIC RPM #119
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