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Depuis ses débuts, Super Furry Animals a toujours été un groupe capable de fulgurances géniales mais souvent irrégulier. On attendait donc avec presque autant d'appréhension que d'impatience le successeur du monumental Rings Around The World (2001). À la première écoute, il est incontestable que Phantom Power s o u ffre de la comparaison avec son prédécesseur. Après le temps de la profusion sonore et des tarabiscotages psychédéliques, Phantom Power apparaît comme un album à la fois apaisant et frustrant, qui évoque irrésistiblement les joies insouciantes des vacances estivales, l'apéritif en terrasse et les chansons enregistrées sans états d'âme ni fignolages, à la fraîche, entre copains. On avait quitté SFA en pleine crise d'interrogations sur l'état du monde et son devenir. On retrouve Gruff Rhys et ses camarades en ravis de la crèche, occupés à saluer le lever d'un soleil probablement californien (Hello Sunshine), si l'on se fie à la production résolument beach-boyesque de l'album. Heureusement, incapables de mettre totalement leur inspiration en congé, les Gallois, même en roue libre, se montrent meilleurs mélodistes et orfèvres pop plus talentueux que la plupart de leurs concurrents. En témoignent notamment le parfait hommage aux impayables soeurs Williams (Venus And Serena), aussi perforant et efficace qu'une première balle sur la ligne, ou Golden Retriever, irrésistible boogie stonien. Deux titres parmi d'autres qui viennent nous rappeler à temps que, au pays des Super Furry Animals, un album en demi-teinte est toujours un peu plus qu'un album moyen.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #73
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