Geoff Travis leur a, semble-t-il, clairement adressé la demande au moment d’accueillir les joyeux farfelus gallois sur son label : “Vous pourriez pas nous faire un album pop ?” Dépourvus, en l’occurrence, de tout esprit de contradiction, Gruff Rhys et sa bande ont sans aucun doute comblé les attentes du boss de Rough Trade. Indéniablement, Hey Venus! apparaît comme leur album le plus immédiat etdirect depuis Rings Around The World (2001). Réunis après quelques escapades solitaires, les Furries renouent avec les joies simples du jeu collectif et dépouillé. Le ton est donné d’entrée par un boogie introductif bien rigolo : “This song is The Gateway Song. It brings you on nicely to the harder stuff and once you get hooked you can’t get enough”, nous annonce Gruff Rhys, avant de tenir parole. Avec brièveté et concision (onze titres en un peu plus d’une demi-heure), sans jamais viser beaucoup plus loin que le bout de son museau, SFA carbure à plein régime et enchaîne les titres solaires et les clins d’œil aux productions spectoriennes carillonnantes. Entre les tonalités Motown de Run Away et le refrain ironique calibré façon tribunes de stade de Neo Consumer, les occasions de réjouissances ne manquent pas. Seule nuance : il manque peut-être à ce huitième album très réussi un tube ou deux de la trempe des Hometown Unicorn, Demons ou Rings Around The World d’autrefois.