Avant d’être l’un des projets les plus
excitants de ces dernières années, The BQE est une voie rapide. Comme son nom l’indique, The
Brooklyn-Queens Expressway relie deux quartiers de New York. Construite entre
la fin des années 30 et le milieu des années 60, elle est devenue le symbole de
la société de l’automobile et d’un urbanisme éventreur peu regardant sur la
qualité de l’ouvrage et la vie censée se réorganiser tout autour, tout en
dessous et au dessus aussi. En choisissant d’y consacrer un film pour répondre à
une commande de la Brooklyn Academy of
Music, Sufjan Stevens réinjecte de la beauté et du sens dans ces
territoires urbains. Réalisé et présenté en 2007, le projet ne manque pas de
panache : sur un écran partagé en trois parties indépendantes, défilent
des images tournées avec une antique caméra 16 mm, par Sufjan Stevens et le
photographe Reuben Kleiner.
Accélérées, ralenties, montées en miroir, les images se répondent ou se complètent, recomposant des paysages abstraits, créant tantôt un léger effet de saturation impressionniste, tantôt un aspect documentaire brut que l’on regarde comme tel. La ville, les voitures, les échangeurs routiers, les maisons et les tours, les friches industrielles, le fleuve, la quasi absence des gens, tout fascine. Avec ces trois écrans, le montage ménage des surprises et des micro événements : The BQE peut se revoir à l’infini, il n’est jamais tout à fait le même. Histoire d’enfoncer le clou dans le cercueil d’une époque bercée par la croyance en un développement économique et urbain infini et une certaine innocence (les années 50 et 60), Sufjan Stevens a fait appel aux Hooper Heroes, un flamboyant trio de jeunes femmes qui pratiquent l’art délicat du… Hula Hoop. Insérés aux images de la ville, les plans de ces jeunes femmes costumées comme des majorettes créent un effet poétique saisissant (comme avant elle les cheerleaders de la tournée Illinois en 2005).
Composée par l’enfant prodige de l’Amérique pop, la bande-son orchestrale est éblouissante, épousant les différents tableaux thématiques avec une grâce et une puissance hors du commun, mobilisant cordes, cuivres, piano, percussions pour des compositions qui évoquent encore et toujours les minimalistes américains mais aussi la souplesse et l’élégance populaire des musiques de Gershwin. Au beau milieu du film, Movement IV: Traffic Shock réserve une belle surprise électronique. On aurait tort de considérer The BQE comme un luxueux projet récréatif pour Sufjan Stevens. Il prend place au cœur d’une œuvre dont on n’a pas fini de mesurer l’importance ni la portée. On peut déplorer que le New-Yorkais n’ait toujours pas donné de suite à son Fifty States Project, mais en réalité, The BQE est cette suite tant attendue et New York son objet. Sufjan Stevens a simplement cette fois préféré les images aux mots. Elles sont tout aussi parlantes et touchantes.
Accélérées, ralenties, montées en miroir, les images se répondent ou se complètent, recomposant des paysages abstraits, créant tantôt un léger effet de saturation impressionniste, tantôt un aspect documentaire brut que l’on regarde comme tel. La ville, les voitures, les échangeurs routiers, les maisons et les tours, les friches industrielles, le fleuve, la quasi absence des gens, tout fascine. Avec ces trois écrans, le montage ménage des surprises et des micro événements : The BQE peut se revoir à l’infini, il n’est jamais tout à fait le même. Histoire d’enfoncer le clou dans le cercueil d’une époque bercée par la croyance en un développement économique et urbain infini et une certaine innocence (les années 50 et 60), Sufjan Stevens a fait appel aux Hooper Heroes, un flamboyant trio de jeunes femmes qui pratiquent l’art délicat du… Hula Hoop. Insérés aux images de la ville, les plans de ces jeunes femmes costumées comme des majorettes créent un effet poétique saisissant (comme avant elle les cheerleaders de la tournée Illinois en 2005).
Composée par l’enfant prodige de l’Amérique pop, la bande-son orchestrale est éblouissante, épousant les différents tableaux thématiques avec une grâce et une puissance hors du commun, mobilisant cordes, cuivres, piano, percussions pour des compositions qui évoquent encore et toujours les minimalistes américains mais aussi la souplesse et l’élégance populaire des musiques de Gershwin. Au beau milieu du film, Movement IV: Traffic Shock réserve une belle surprise électronique. On aurait tort de considérer The BQE comme un luxueux projet récréatif pour Sufjan Stevens. Il prend place au cœur d’une œuvre dont on n’a pas fini de mesurer l’importance ni la portée. On peut déplorer que le New-Yorkais n’ait toujours pas donné de suite à son Fifty States Project, mais en réalité, The BQE est cette suite tant attendue et New York son objet. Sufjan Stevens a simplement cette fois préféré les images aux mots. Elles sont tout aussi parlantes et touchantes.