En kiosque actuellement Commander

Entrevue - 26/11/10 de Suede

interviews
C'est dimanche ! Oui, après avoir déjà étrenné leur renouveau dans leur contrée, c'est dimanche que les hérauts brit pop Suede nous montreront à quoi ressemble leur reformation. Ils investiront un Élysée Montmartre parisien plein à craquer (encore quelques heures pour gagner des places), et pour patienter avant l'événement, voici une entrevue éclairante avec le leader glamour Brett Anderson. Le chanteur revient sur les raisons du comeback, les conséquences du temps qui passe, le nouveau statut de parrain influent, et sur un avenir qui nous gratifiera (peut-être) d'un nouvel album. [Entretien Catherine Guesde].

Comment avez-vous compris que le moment de repartir avec Suede était venu ?
On avait été séparés depuis assez longtemps : sept ans, c'est beaucoup. Et là, nous sentions que nous pouvions de nouveau jouer nos chansons avec passion, ce qui est essentiel. Si nous nous sommes séparés en 2003, c'est parce que Suede était devenu un travail comme les autres pour nous, et que nous n'y trouvions plus aucun plaisir. Or ça ne sert à rien de faire de la musique avec la distance de quelqu'un qui bosse comme standardiste. Jouer de la musique, c'est se révéler sous un jour formidable, extraordinaire, prétentieux, révolté, et surtout, inspirer les gens. C'est une expérience qui, par essence, implique une grosse dose d’émotion. Si ces sentiments avaient disparu, je sens qu'ils reviennent en ce moment ; je suis retombé amoureux de notre musique. En revanche, je ne saurais pas expliquer pourquoi cette passion est revenue. En tous cas, aucune raison extérieure ne nous a poussés à cette reformation. Tout cela s'est fait de façon intuitive ; la roue a tourné.

Pourquoi avoir opté pour ce line-up ?
Bernard Butler avait clairement affirmé qu'il ne souhaiterait pas rejouer dans Suede. Je respecte son point de vue. Quant à Richard, il joue de la guitare avec nous depuis 1994, donc cela me paraissait évident qu'il soit dans le groupe. Là encore, les choses se sont faites de manière instinctive ; cette formation nous semblait naturelle.

Avez-vous ressenti un changement dans l'alchimie du groupe, en rejouant ensemble après sept ans de pause ?
Honnêtement, les spectacles à Londres sont les meilleurs que nous ayons jamais faits. Au Royal Albert Hall, après avoir joué Metal Mickey, il y a eu une standing ovation de cinq minutes. C'était un moment extraordinaire, qu’on aimerait faire perdurer toute une vie. Je pense que nous sommes de meilleurs musiciens live maintenant.

Vous avez ce concert en France dimanche ; quel est votre rapport avec ce pays ?
La France est le premier pays après la Grande-Bretagne à s'être intéressé à Suede, nous y avons de nombreux fans fidèles. J'ai hâte de jouer à l'Elysée Montmartre.

Ces performances doivent-elles être vues comme une sorte de rétrospective live, ou comme un nouveau départ ? Avez-vous une approche nouvelle de vos propres morceaux ?
Nous ne sommes pas dans une démarche nostalgique. Et une bonne partie des titres a été légèrement modifiée pour être jouée sur scène avec deux guitares, parce que Neil joue beaucoup de guitare électrique maintenant. Du coup, des morceaux tels que Metal Mickey ou Filmstar sont bien plus puissants, plus denses au niveau du son. Nous ne produisons pas le même son que le Suede des années 90. Et encore une fois, nous sommes bien meilleurs sur scène maintenant. Et bien sûr, mon point de vue sur nos chansons a un peu changé. Rétrospectivement, je trouve que certains titres (par exemple So Young) sont beaucoup trop produits, trop lisses. Je pense que la production ne rendait pas justice au songwriting. Nous les jouons de façon bien plus dynamique et vivante maintenant. Mais bon, on ne peut pas réécrire notre histoire ; le faire serait idiot et inutile. Il faut simplement prendre conscience de ses erreurs et apprendre grâce à elles. Du coup, j'ai bien pris soin de ne pas surproduire mes chansons sur mes albums solo ; j’ai conservé un aspect brut.

Vous avez fait plusieurs albums solo depuis 2007. Cette expérience vous donne-t-elle un recul nouveau par rapport au fait de la rejouer collectif ?
Bien sûr ; j'ai appris énormément en solo. Lorsqu'on est seul, on a bien plus de responsabilités. Dans Suede, j'avais un rôle déterminé : le chant et l'écriture. Seul, j'ai dû m'impliquer à un niveau beaucoup plus global. Sur scène, j'ai ressenti la différence aussi ; l'énergie n'est pas la même. Là où nous avions des hits avec Suede, j'ai délibérément fait des disques assez obscurs. Mais j'aime bien jouer les chansons de Suede de nouveau, et voir ces centaines de gens qui sautent dans le public. Il y a un côté instinctif, très primaire qui me plaît beaucoup.

Quel public avez-vous le sentiment de viser avec ces concerts de reformation ? Surtout des vieux fans, ou aussi un public nouveau ?
Je remarque qu'il y a une très grande partie du public qui est constituée de vieux fans, qui connaissent les refrains par cœur. Cela dit, je n'ai pas fait d'étude de marché, donc je suis incapable de répondre à cette question. J'aime croire qu'un bon groupe, quel qu'il soit, peut s'adresser à n'importe quelle génération.



1 réaction réagir

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser


JFLyon - 27/11/2010 00:18
Pourquoi un vieil article dans la revue et un nouveau sur internet?