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Compte-rendu live - 30/11/10 de Suede

interviews
Et hop. Après l'entrevue pré-événement en compagnie de Brett Anderson, on finit le boulot en vous faisant le topo du comeback de Suede en France. En différé de l'Élysée Montmarte, Matthieu Grunfeld nous conte le triomphe.

“Honnêtement, les concerts de Londres sont parmi les meilleurs que nous ayons jamais fait”, déclarait Brett Anderson à la veille de cette unique date parisienne, non sans une certaine dose de provocation bravache, à propos du retour sur scène automnal des premiers hérauts de la brit-pop tardivement reformés. De quoi aiguiser l’appétit nostalgique mais également l’esprit critique d’un public constitué, étonnamment à parts égales, de vieux fans fidèles déjà présents, pour la plupart, aux heures de gloire de Suede mais aussi de jeunes teenagers piaffant d’impatience à la perspective d’acclamer pour la première fois cette formation majeure. Les premières mesures de Hollywood Life balaient d’emblée les éventuelles traces de doute ou de méfiance : Anderson n’a pas survendu le produit ! Impeccablement rangés en ordre de bataille, ses anciens complices ni vraiment bedonnants, ni trop décatis ne sont sortis de leur retraite que pour se mettre au diapason et au service de celui qui reste sans doute le meilleur chanteur de sa génération. Avec une classe et une énergie toujours aussi époustouflantes, Anderson joue les divas glam en assurant le spectacle à coup de sautillements frénétiques et de génuflexions extatiques, sans négliger les lâchés de micro réglementaires.




Plus en retrait, mais pas moins efficaces, Richard Oakes (guitare) et Neil Codling (guitares, claviers) épaulés par l’inamovible section rythmique des origines (Simon Gilbert à la batterie et Matt Osman à la basse) confectionnent un magma sonore particulièrement impressionnant. Entre frénésie rock et ballades déchirantes, les tubes s’enchaînent sans la moindre faute de goût (Metal Mickey, Everything Will Flow, Trash), systématiquement repris à l’unisson par un public au bord de la transe et de l’extinction de voix. Les quatre premiers albums sont copieusement revisités et l’ultime et médiocre A New Morning (2002) est justement abandonné dans les poubelles de l’histoire du groupe. Un peu plus d’une heure de show, un unique rappel (Saturday Night) et l’affaire est bouclée de fort belle manière. Quelles que soient les intentions plus ou moins honorables qui ont pu pousser Suede à se reformer pour courir aujourd’hui le cacheton sur les scènes européennes, elles ne sauraient ternir le lustre de la légende. Avec professionnalisme et talent, Brett et sa bande sont même parvenus à raviver la flamme de la nostalgie tout en suscitant de nouveaux désirs d’un prochain retour.

> Beaucoup de vidéos cellulaires à regarder.
Matthieu Grunfeld


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ChrisParis - 30/11/2010 16:15
Un grand concert par un groupe sous-estimé par les journalistes en général.Mais ça a l'air de changer.