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Biographie

Au risque d’en irriter certains, tout commence à Versailles… D’ailleurs, Marc Collin pourrait être un héros de la French Touch, et Alex, l’égérie d’une scène pop française rare et délicate. Il n’en est encore rien. Pourtant, nos deux protagonistes ne peuvent faire figure que de prétendants, comparativement aux Jean-Benoît, Nicolas ou autres Gopher, leurs pairs il y a quinze ans. C’est pourtant à cette époque, qu’officiant respectivement au sein de Rosa Luxemburg et de Spleen Ideal, Alex et Marc se croisent pour la première fois, sur les bandes d’une cassette-compilation, “Nos Année Folles”, orchestrée par ce dernier pour faire connaître la prometteuse scène des environs.
Début de la décennie 90 : l’aventure Spring prend forme pour Alex et sa bande. La jeune formation trouve sa bonne fée en la personne de Bob Stanley (Saint Etienne), qui les fera participer à plusieurs reprises à ses ‘leisure lounge parties’ londoniennes, avant que le groupe ne trouve le label adéquat, les Madrilènes d’Elefant Records. Pendant ce temps, Marc découvre la house music et lance, avec Jérôme Mestre, le projet Indurain. Mais nos deux protagonistes se voient de temps en temps, échangent leurs disques, vidéos, livres et autres films cultes. Ils discutent Antonioni, Bobbie Gentry, Ingmar Bergman, Dusty Springfield, Section 25, Laura Nyro, Lotus Eaters, Ennio Morricone ou John Barry. Marc décide alors, en 1992, d’écrire une première chanson pour Alex, Be My Star. Mais par la tyrannie de leurs emplois du temps respectifs, ce titre doucement teinté d’électronique ne verra le jour que trois ans plus tard, sous le nom Spring Vs Indurain.
Pourtant, une fois encore, leurs chemins se séparent. En l’espace de trois ans, avec trois bouts de ficelle mais des idées à foison, Spring trouve le moyen d’enregistrer deux albums, l’excellent mini-Lp Out Of Time (une rencontre avec le Dj-producteur espagnol Pez) et quelques singles. Leurs disques sortent en Espagne, bien sûr, mais aussi en France, en Allemagne (sur Bungalow), au Japon ou en Angleterre, où le groupe représente l’Hexagone en mai 98 pour une version indé de… l’Eurovision produite par Channel 4 ! Marc, dans le même temps, cultive l’art du décalage et multiplie les projets. Deux Eps pour le label Paper Recordings avec Eric Rug, sous le nom de Dirty Jesus, le duo Volga Select avec Yvan Smagghe, dont les productions verront le jour sur 20: 20 Vision, puis Outpout, le label de Trevor Jackson. Il découvre Beth Hirsch, collabore également avec Doriand et, surtout, travaille avec Xavier Jamaux et Helena à un gracieux OVNI prénommé Ollano.
En Décembre 98, Spring donne son dernier concert à la Locomotive parisienne (Thomas Boulard, nouveau venu dans le line-up, et Christophe Plantier, membre “historique” du groupe, formeront bientôt Luke). Alex non plus n’attend pas. Début 1999, elle décide de se frotter pour de bon à l’épineux exercice de la composition. Pas moins de dix-sept chansons voient le jour, qu’elle souhaite teinter d’électronique… Dès lors, qui mieux que Marc pouvait l’aider à donner à celles-ci leur pleine mesure ? Quelque quinze ans après leur première rencontre, les deux mélomanes concrétisent donc enfin leur relation musicale. Bien qu’occupé à la B.O. des Kidnappeurs et à l’album d’Avril, Marc prendra le temps nécessaire à la gestation de cette première grande réalisation commune : Suburbia.

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