Autre agitateur de cette écurie en pleine expansion qu'est actuellement Cock Rock Disco (mais la notion de déraison doit sûrement figurer sur le CV de chaque postulant), Stunt Rock partage avec Jason Forrest cette disposition frénétique pour le plunderphonic, illustré par cet art d'accoler jusqu'à une dizaine de samples au sein de la même composition, sans que le résultat paraisse forcément bordélique ou étouffant, tout en signifiant une nature gourmande et délirante. Lui aussi plus trublion que terroriste du laptop, Stunt Rock s'avère même plus rigolo que Jason Forrest, proche en cela de la technique cool d'un Madlib et des plaisantins de chez Stones Throw. Tout aussi précis, Stunt Rock possède une technique assez douce, sans pourtant recourir à des interludes "présentables", telle la jolie contribution fredonnée de Laura Cantrell qui illuminait l'album Shamelessly Exciting, dernière fantasmagorie en date de Forrest. Alors que l'on s'attendait à ce qu'un patronyme tel que le sien dissimule un Johnny Knoxsville de l'échantillonnage secoué, ingérable et excessif, Stunt Rock cède moins à la tentation du pogo et sa propension à jouer avec l'inclusion de dialogues renvoie plus volontiers à une sorte de cartoon sous Valium. Alors, ne vous fiez pas aux insolentes notes de pochette, qui semblent tendrent les mains en prévision des coups de règle en fer, This Is Stunt Rock Vol. 3 est un agréable voyage, toujours plus sensitif que mécanique, au pays du second degré et de la collecte compulsive.