Distribué en Europe presque un an après sa sortie au Canada sur le label Arts & Crafts, le troisième album de Stars nous parvient agrémenté d'une nouvelle pochette au programme évocateur : une femme à moitié nue et cagoulée porte une bouteille de parfum rose prête à exploser comme un cocktail Molotov... Loin du terrorisme sonore évoqué, le credo du quatuor s'apparente plutôt à une forme de power pop ouvragée qui doit beaucoup à l'influence de Broken Social Scene, dont les membres Amy Milan et Evan Cranley font également partie. On retrouve alors dans Set Yourself On Fire ce désir de partir à la conquête de grands espaces mélodiques où les arrangements varient d'un titre à l'autre, croisant les illuminations de The Flaming Lips (Set Yourself On Fire) et le chant féminin de Lush (Ageless Beauty), mais se plantant aussi dans l'indie rock caricatural d'Enon (Reunion, What I'm Trying To Say). Malgré des atouts indéniables pour une pop aux intensités multiples, le groupe perd un peu de ses belles couleurs sur la longueur et reste encore dans l'ombre de la constellation Broken Social Scene, Feist et Apostle Of Hustle. Et si l'on n'ira pas jusqu'à s'immoler par le feu à l'écoute de ce nouvel opus, Stars brille d'un éclat suffisant pour qu'on l'assimile, sans trop faire la fine bouche, à l'explosion de talents qui secoue la scène canadienne depuis quelques années.