Non, le premier album de Starless & Bible Black n'a rien en commun avec le monument exubérant et exaspérant de King Crimson. Aucun lien non plus, bien sûr, avec le Starless And Bible Black Sabbath des inénarrables Acid Mothers Temple. Si on en croit leur biographie officielle, le nom est un hommage à une composition du pianiste de jazz Stan Tracey. Il fallait bien que ce trio réside à Manchester pour se jouer des références avec un tel aplomb à moins que ce ne soit de l'inconscience, mais peu importe, on ne va pas se priver d'une bonne lapidation. Car le Starless & Bible Black qui nous occupe ici n'est rien de plus qu'un trio de folk crispant comme il en apparaît et disparaît cinquante par an (seule originalité : sa chanteuse française et bilingue), cachant difficilement l'ennui qu'il ressent à jouer ses propres compositions sous des arrangements méticuleux. Fatalement, ce classicisme de surface s'écaille comme du vernis de supermarché au bout de trois écoutes, révélant toute la vacuité du propos. Seule, Everyday And Everynight, la chanson malignement placée en ouverture, conserve un certain charme, et aurait sans doute fait des étincelles entre les mains de The Polyphonic Spree. Pour le reste, cet album est une coquille vide vouée à s'émietter au fond des bacs à soldes.