Annie Clark a vingt-quatre ans, elle est
d’une beauté renversante et vous propose de l’épouser. Le moins que vous
puissiez faire est de consacrer du temps au premier album qu’elle publie sous
le nom de St. Vincent. Beaucoup de temps. C’est probablement la découverte la
plus importante que vous ferez cette année, l’une des expériences les plus
douces et puissantes aussi. Marry Me
est un disque prodigieux sur lequel se sont penchées les fées du jazz, du
blues, du folk et de la pop très moderne. L’une de ces fées est une vieille
connaissance et se nomme Sufjan Stevens, qu’Annie Clark accompagnait sur scène
lors de sa dernière tournée européenne.
Comme lui, la jeune femme semble concentrer sur sa personne un nombre inconvenant de qualités, à commencer par une voix sublime, visa pour le bonheur accordé à des mélodies généreuses. Souple et chaleureuse, elle mériterait de voir figurer le mot crooneuse dans le dictionnaire (pour cette élégance de funambule au-dessus d’une cascade de touches noires et blanches sur All My Stars Aligned). Surtout, l’Américaine écrit des chansons stupéfiantes, orchestrées avec un goût du risque et une ampleur remarquables. Pulsations lancinantes d’une rythmique appuyée par des chœurs et des boucles (Now Now) ou atmosphère onirique avec guitares aériennes et nappes électroniques (Landmines), toutes les idées font mouche.
Ouvertement inspirée par le jazz vocal (Marry Me, Human Racing), St. Vincent prend des libertés avec les structures de ses chansons, suspend le cours d’une mélodie pour en suggérer une autre, coupe son élan ou change de braquet entre deux couplets (Paris Is Burning, Apocalypse Song). Ainsi mouvementées, les mélodies révèlent leur inépuisable richesse. Choyées par une pléiade d’instruments magiques et d’arrangements baroques et sophistiqués, les chansons d’Annie Clark lui offrent une voie royale pour suivre les traces mystérieuses de l’immense Kate Bush. Maintenant, dites : “Oui, je le veux !” Vous pouvez embrasser la mariée.
Comme lui, la jeune femme semble concentrer sur sa personne un nombre inconvenant de qualités, à commencer par une voix sublime, visa pour le bonheur accordé à des mélodies généreuses. Souple et chaleureuse, elle mériterait de voir figurer le mot crooneuse dans le dictionnaire (pour cette élégance de funambule au-dessus d’une cascade de touches noires et blanches sur All My Stars Aligned). Surtout, l’Américaine écrit des chansons stupéfiantes, orchestrées avec un goût du risque et une ampleur remarquables. Pulsations lancinantes d’une rythmique appuyée par des chœurs et des boucles (Now Now) ou atmosphère onirique avec guitares aériennes et nappes électroniques (Landmines), toutes les idées font mouche.
Ouvertement inspirée par le jazz vocal (Marry Me, Human Racing), St. Vincent prend des libertés avec les structures de ses chansons, suspend le cours d’une mélodie pour en suggérer une autre, coupe son élan ou change de braquet entre deux couplets (Paris Is Burning, Apocalypse Song). Ainsi mouvementées, les mélodies révèlent leur inépuisable richesse. Choyées par une pléiade d’instruments magiques et d’arrangements baroques et sophistiqués, les chansons d’Annie Clark lui offrent une voie royale pour suivre les traces mystérieuses de l’immense Kate Bush. Maintenant, dites : “Oui, je le veux !” Vous pouvez embrasser la mariée.