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Transference de Spoon

chronique d'album
“Choisir, c’est renoncer”, disait André Gide. À l’heure de son septième album, Spoon a choisi de ne pas choisir. Ainsi, le quatuor d’Austin, Texas, renouvelle à l’envi, et sans complexe, un son qui l’a fait connaître. À savoir la batterie imaginative et faussement simpliste de Jim Eno, la guitare économe et la voix expressive de Britt Daniel, une basse et un peu de piano. Malgré tout, impossible de ne pas aimer un groupe dont la musique, efficace, simple et remuante, apparaît comme honnête autant qu’affinée. Si, par moments, les Texans semblent inévitablement se répéter, il suffit d’écouter les perles que sont Before Destruction en ouverture, Written In Reverse ou le single Got Nuffin pour se convaincre de la totale légitimité d’une formation si originale dans le paysage pop actuel.

Surtout, il est passionnant d’écouter et de constater la manière dont Spoon, sans se donner apparemment trop de mal quant à la production, pond des titres catchy avec un son d’ensemble en apparence stérile. Tout en nuances discrètes,Transference se distingue de ses prédécesseurs, car l’on sent davantage l’inspiration du post-punk des années 80 (Out Go The Lights, I Saw The Light) que du dub jamaïcain ou de Prince comme par le passé (Kill The Moonlight, 2002, Ga Ga Ga Ga Ga, 2007). Autant que la cuillère se révèle à tous les coups une position sexuelle, certes paresseuse, mais indémodable, Spoon traverse la décennie sans se faire dispensable.
Gilles Duhem
MAGIC RPM  #139


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clg22 - 15/02/2010 22:28
A mon avis un peu en dessous de leurs précédent albums mais ça reste du spoon donc du très bon album. Dommage qu'ils soient si peu connu chez nous!