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Let It Come Down

archive mag septembre 2001
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Let It Come Down est sans conteste le plus pop des quatre albums de Spiritualized : moins hermétique, moins expérimental et plus addictif, notamment au niveau des mélodies, plus simples et immédiates. Même si Jason Pierce ne s'éloigne guère de ses thèmes les plus chers : la solitude, l'amour, les drogues... Cela dit, Spiritualized reste aussi fidèle à son psychédélisme orchestré, notamment avec le morceau d'ouverture (On Fire), qui sonne dans la continuité du travail de collaboration entre Pierce et Dr John. Avec Out Of Sight, la richesse de l'orchestration s'impose : Jason Pierce est définitivement un disciple de Jack Nitzsche, dans le sens où les arrangements décuplent la base classique de Spiritualized pour propulser la musique hors du temps et de l'espace. En écoutant cette chanson, on a l'impression d'entendre une formation symphonique en apesanteur. Dès lors, la trame du disque est établie : l'oscillation se fera entre ballades pop (Don't Just Do Something, digne de Dusty In Memphis), et envolées orchestrales, voisines de quelques BO hollywoodiennes classiques (I Didn't Mean To Hurt You, par exemple). La production affiche désormais une délicatesse nouvelle, inédite chez Spiritualized, et parfois teintée d'une électronique subtile, sans doute due au complice John Coxon, moitié de Spring Heel Jack. À cet égard, l'intro de You Won't Get To Heaven témoigne d'une richesse sonore renouvelée. Le pessimisme habituel semble désormais loin derrière : Do It All Over Again, par exemple, jaillit telle une ballade enjouée des Beach Boys, véritable symphonie de poche qui exalte une joie de vivre retrouvée, un optimisme désormais affiché. Au final, Let It Come Down laisse une impression d'apaisement, rarement rencontrée jusque-là chez Spiritualized, comme si Jason Pierce avait accédé à une maturité sereine, digne de ce bon vieux révérend d'Al Green. La reprise du classique de Spacemen 3 (déjà écrit par Pierce à la fin des années 80), Lord Can You Hear Me, témoigne de cette sérénité nouvelle : le titre s'éloigne de la détresse originale pour accéder à une béatitude quasi religieuse.

Thierry “Reverberation” Bernardon

magazine num 54 article extrait de :
MAGIC RPM #54


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