Pour ceux qui ont acheté Vivadixiesubmarinetransmissionplot lors de sa tardive sortie française, l'attente aura été brève. En revanche, pour ceux qui depuis deux ans s'imposent une écoute hebdomadaire, de rigueur, de ce grand disque d'Amérique, elle aura été franchement insupportable. Heureusement que le songwriting nécessaire et acéré de Mark Linkous a été épargné lors de son passage momentané en station assise forcée. Good Morning Spiders (un titre slintien en diable) nous en abreuve donc à nouveau, sur dix-sept morceaux classiques mais foisonnants, entrecoupés de savoureuses transitions ambientes. Dès le premier morceau, on sait qu'on déteste que Linkous s'oublie à faire de la musique de jeunes c'était pourtant l'un des points fort du zigue, exit donc les Rainmaker et autres Someday I Will Treat You Good, dès le second, on sait que Sparklehorse nous a livré un grand album de vieux.
Mais, attention pas de ces vieux faits exprès à la Wilco, non : à l'instar d'un Swell désenclavé ou d'un Guided By Voices totalement débridé, Sparklehorse produit un truc de vieux affranchi. Un freak admirable qui broute peu ou prou sur le même pré que Will Oldham, le pré Neil Young. Mais il faut l'entendre s'essuyer les pieds sur ce paillasson de luxe qu'est Barstool Blues (Sick Of Goodbyes) pour comprendre que Linkous ne respectera pas son vieux bison de géniteur. Trop doué pour pratiquer la révérence, il offre avec Come On In et Painbirds les plus belles chansons d'Amérique de la saison et avec cet album, à nouveau indispensable, de nouvelles raisons d'attendre.