À l'instar d'Elliott Smith, Ben Chasny, Will Oldham ou Daniel Johnston, Mark Linkous fait partie de ces rares artistes à la sensibilité exacerbée capable d'imprégner nos coeurs jusqu'à ce que la mort nous sépare. On l'entendra éternellement effleurer ces mots : "A horse, a horse, my kingdom for a horse", sur l'inaugural et sidérant Vivadixiesubmarinetransmissionplot (1995), "Good morning my child" sur l'immense It's A Wonderful Life (2001)... Autant de termes simples rendus bouleversants par une voix caressante, annonciatrice d'un folk immaculé qui affectera nos tripes jusqu'à ce qu'on les enferme dans une tombe. A moins que cette musique ne nous rende immortels, comme semble être infini le talent du leader de Sparklehorse.
Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain en constitue une nouvelle preuve. Car il s'agit là - mais devait-on en douter ? - d'un grand disque, au diapason d'une discographie exemplaire et produit à quatre mains par l'omniprésent Danger Mouse et l'enjôleur fidèle Dave Fridmann. Si la patte du premier se décèle çà et là (le break déglingué de Don't Take My Sunshine Away, quelques claquements rythmiques caractéristiques), l'influence du second est évidente, et élève ce quatrième effort au niveau de It's A Wonderful Life, chef-d'oeuvre absolu qui inaugurait leur collaboration. L'amateur des débuts reprochera toujours à Fridmann d'avoir soustrait à Sparklehorse une once d'âme pour lui injecter un semblant de clarté. Peu importe. Même le pire des ingénieurs du son n'arriverait pas à altérer ces compositions d'une grâce immuable, chacune exsudant une sentimentalité rendue presque palpable par une interprétation d'une sincérité géniale. Le limpide Shade And Honey dégage ainsi une sensation de tendresse patiente, accrue par un chant enveloppant et d'une maturité rarement entendue chez l'Américain. La beauté du poignant Some Sweet Day sublime, elle, un romantisme absolu, et recueille en son cœur toutes les déclarations d'amour adolescentes du monde. La langueur affectée de See The Light, Return To Me et Hollow (déjà croisé en titre caché du précédent Lp) conte les blessures, avant qu'un refrain lumineux et salvateur ne vienne les panser.
Comme autant de catharsis électriques destinées à s'émanciper de troubles infinis, l'esprit tortueux du chanteur est toujours assailli de spasmes détonants, le temps des semblables et hargneux Ghost In The Sky et It's Not So Hard. En guise d'épilogue, la chanson-titre nous fait évoluer en plein songe. On y entend le songwriter somnoler, bercé par l'écho d'un piano et le bourdonnement d'un mellotron. Sur cette plage de dix minutes proprement magnifique, Mark Linkous capture la mélancolie rêveuse, et nous fait entendre sa mélodie. Lorsque les effets de ce divin somnifère se dissipent, on ressent l'impression unique d'avoir été veillés une heure durant par un ami. Pourquoi se sent-on si intensément proche de lui ? Peut-être parce que nous partageons tous les mêmes tourments. Lui, nous, et les artistes précédemment cités. Ne cherchez plus le talent des génies torturés, il se trouve sous le sabot d'un Cheval Étincelant.
Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain en constitue une nouvelle preuve. Car il s'agit là - mais devait-on en douter ? - d'un grand disque, au diapason d'une discographie exemplaire et produit à quatre mains par l'omniprésent Danger Mouse et l'enjôleur fidèle Dave Fridmann. Si la patte du premier se décèle çà et là (le break déglingué de Don't Take My Sunshine Away, quelques claquements rythmiques caractéristiques), l'influence du second est évidente, et élève ce quatrième effort au niveau de It's A Wonderful Life, chef-d'oeuvre absolu qui inaugurait leur collaboration. L'amateur des débuts reprochera toujours à Fridmann d'avoir soustrait à Sparklehorse une once d'âme pour lui injecter un semblant de clarté. Peu importe. Même le pire des ingénieurs du son n'arriverait pas à altérer ces compositions d'une grâce immuable, chacune exsudant une sentimentalité rendue presque palpable par une interprétation d'une sincérité géniale. Le limpide Shade And Honey dégage ainsi une sensation de tendresse patiente, accrue par un chant enveloppant et d'une maturité rarement entendue chez l'Américain. La beauté du poignant Some Sweet Day sublime, elle, un romantisme absolu, et recueille en son cœur toutes les déclarations d'amour adolescentes du monde. La langueur affectée de See The Light, Return To Me et Hollow (déjà croisé en titre caché du précédent Lp) conte les blessures, avant qu'un refrain lumineux et salvateur ne vienne les panser.
Comme autant de catharsis électriques destinées à s'émanciper de troubles infinis, l'esprit tortueux du chanteur est toujours assailli de spasmes détonants, le temps des semblables et hargneux Ghost In The Sky et It's Not So Hard. En guise d'épilogue, la chanson-titre nous fait évoluer en plein songe. On y entend le songwriter somnoler, bercé par l'écho d'un piano et le bourdonnement d'un mellotron. Sur cette plage de dix minutes proprement magnifique, Mark Linkous capture la mélancolie rêveuse, et nous fait entendre sa mélodie. Lorsque les effets de ce divin somnifère se dissipent, on ressent l'impression unique d'avoir été veillés une heure durant par un ami. Pourquoi se sent-on si intensément proche de lui ? Peut-être parce que nous partageons tous les mêmes tourments. Lui, nous, et les artistes précédemment cités. Ne cherchez plus le talent des génies torturés, il se trouve sous le sabot d'un Cheval Étincelant.