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La Forza Del Destino de Soylent Green

chronique d'album
Pour situer Roman Flügel, initiateur du projet Soylent Green, il faudrait certainement une demi-page de références que les plus pointilleux auront déjà sûrement glané sur Internet. En ne rentrant pas trop dans les détails, on peut dire de ce touche-à-tout prolifique qu'il a tapé depuis 1992 dans quasiment tous les microgenres qui ont caractérisé les soubresauts de la musique électronique, monté trois labels dont Playhouse, et finalement connu de petits succès club grâce à deux tubes récents (Rocker avec Alter Ego et Geht's Noch?), sous son nom. On peut par conséquent se demander ce qu'un personnage pareil peut encore avoir à dire qui n'ait pas déjà été dit, mais La Forza Del Destino veut finalement être l'album intemporel qu'il rêvait de faire "celui qu'on aurait aimé il y a dix ans et qu'on aimera peut-être encore dans dix ans", semble-t-il nous dire. On retrouve ainsi sans réelle surprise certains des éléments qui passent l'épreuve du temps sans trop de difficultés, à savoir les influences acid à travers l'éternelle Roland TB 303, une touche de dub light, quelques clins d'oeil techno à Detroit et house à Chicago sans qu'ils soient trop datés, et un peu de minimalisme teuton pour la touche actuelle. Tout en restant dans une épure stylistique plutôt louable, Flügel ne réussit pas vraiment à nous convaincre de sa démarche, malgré quelques tentatives assez joliment produites.
THOMAS SCHWOERER
MAGIC RPM  #101


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