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The Destroyed Room - B-Sides And Rarities

archive mag février 2007
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Il n'y a pas que la musique de Sonic Youth qui soit unique. Sa discographie l'est tout autant si l'on considère les innombrables chemins de traverse empruntés par le quatuor new-yorkais depuis vingt-cinq ans d'une carrière impressionnante. Quels que soient les engagements contractuels avec une maison de disques, chaque membre a toujours éprouvé le besoin d'aller voir ailleurs, d'éditer via le fan club de l'époque des live et démos plus ou moins officieux de leurs albums officiels, comme si la signature du groupe sur la major Geffen au début des années 90 lui avait fait prendre conscience qu'il s'éloignait à grand pas de l'underground. C'est paradoxalement sur ce même label que sort aujourd'hui The Destroyed Room, en opposition directe à la pop sonique impeccablement agencée de leur dernier Lp en date, ce Rather Ripped plébiscité à juste titre pour sa limpidité mélodique. Cette collection de faces B et autres jams faits à la maison couvre la décennie 1994-2004, encadrée par deux grands disques, Washing Machine et Sonic Nurse. Si l'on peut croire au premier abord à un coup fumant où chaque fond de tiroir serait bon à vendre, il apparaît une réelle cohérence dans le choix des titres exhumés, qui présentent un versant doucement expérimental et post-rock de Sonic Youth. Ce n'est pas un hasard si l'on y retrouve souvent la présence de Jim O'Rourke, ancien nouveau membre, dont le talent d'arrangeur et de bruiteur digital amena le son du groupe vers plus d'étoffe et de digressions. À la différence du cycle d'albums bruitistes parfois très ennuyeux sortis sur leur propre label SYR, The Destroyed Room est une suite d'instantanés d'une longueur raisonnable qui oscillent entre des instrumentaux à la tension contenue (les captivants Kim's Chords et Fauxhemians, probable traduction de notre bobo actuel) et des plages somnambuliques (Blink ressemble trait pour trait à l'ouverture éthérée de A Thousand Leaves). La version non tronquée de The Diamond Sea vient clore cette compilation en bonne et due forme : cinq minutes de pop céleste contre vingt minutes de bruit blanc, telle est la dualité a priori antagoniste que Sonic Youth s'est toujours plu à approfondir avec succès.

Thomas Bartel

magazine num 107 article extrait de :
MAGIC RPM #107


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