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Murray Street
archive mag juin 2002
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Héros absolus d'une ville prématurément promise à la fin des temps, Sonic Youth vient, en intégrant le multiple Jim O'Rourke en son sein, de se réinventer pour la énième fois de sa carrière. Le message est clair : Thurston Moore et associés ne sont pas prêts d'abandonner la sève de leur claquant patronyme à tous les fournisseurs en apocalypse du globe, bien au contraire. Dès lors, le jeu de guitare et les idées brillantes de l'ex-Gastr Del Sol frappent par leur évidence : O'Rourke est l'homme de la situation. Fruit de cette collaboration officialisée mais effective depuis de longs mois scéniques , le brûlant Murray Street se présente comme un manifeste de survie, entre chansons savantes et plages instrumentales passionnantes, déployant une new-wave psychédélicoindustrielle fortement teintée de pop. Dans le détail, Karen et Radical Adults brisent les dernières vertèbres du fantôme des Stooges alors que Sympathy For The Strawberry, Empty Page et Rain On Tin précisent un peu plus encore le propos de nos maltraiteurs de guitares préférés. Expert en musicologie freejazzistique, le génial Thurston Moore, dont la collection de disques dépasse l'entendement, n'avait pas aussi bien composé, chanté et joué depuis l'incontournable Experimental Jet Set, Trash And No Star en 1994. Le reste du groupe, au diapason, donne le meilleur de lui-même et rappelle que Sonic Youth, monstrueuse machine à concerts s'il en est, sait encore enregistrer des disques de la trempe de Daydream Nation ou Sister. Murray Street ? La vraie bonne résurrection du mois.
Renaud Paulik
article extrait de :
MAGIC RPM #62
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