Sonic Youth

Vu par Magic

A Thousand Leaves

archive mag mai 1998
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Plus du tout "Youth" depuis un bail, et aujourd'hui de moins en moins "Sonic", nos New Yorkaispréférés seraient-t-ils bientôt proches d'une retraite largement méritée, toujours repoussée, aprèsplus de quinze ans de loyaux services ? Eh bien, figurez-vous qu'on y est presque, enfin. Car celafaisait longtemps qu'on attendait Thurston Moore et les siens du côté du raisonnable, de la métamorphose en adultes responsables, un peu honteux de les voir encore jeunes chiens fous à 45 balaispassés, VRP de la dissonance déposée comme une marque de fabrique. Comme si notre papa sefringuait chez Carhartt ou APC, franchement à côté de la plaque, donnant dans le jeunisme à toutprix. Sur A Thousand Leaves, donc, changement de programme. Hormis Contre Le Sexisme, poséen intro comme un piège où maman Kim Gordon ne peut s'empêcher de faire sa mariolle, pouramuser la galerie, Sonic Youth arbore, dès Sunday, sublime bizarrerie pop, fièrement son âge, soitcelui de Neil Young, toujours vigoureux mais plus posé. Plus loin, Hits Of Sunshine ou KarenColtrane confirment : longues prouesses instrumentales empreintes de sagesse et d'équilibre, réellement agréables à l'écoute. A la manière de cette série de singles sortis sur leur propre label SYR,c'est du jazz électrifié pour la génération hardcore flirtant aujourd'hui avec la trentaine. Fatigué dubruit on le comprend , Sonic Youth ose même une ballade tranquille, Snare Girl, s'amuse également de fantaisie post-rock, pas loin de Gastr Del Sol. Un comble. Au fait, quelle sera la prochaineétape ? Un disque acoustique, en toute logique ? Peut-être après l'an 2000, si tout va bien.

Hervé Crespy

article extrait de :
MAGIC RPM #20


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