Simon Werner A Disparu de Fabrice Gobert est, rappelons-le, un teen movie français situé au début des années 90, où la tentation d’imiter de manière triviale un genre proprement américain est évitée au profit d’une relecture de celui-ci, lugubre et maîtrisée. Parfois un peu trop, mais il est concevable de privilégier la raideur quand on s’attache à des lycéens obsédés par le besoin qu’il leur arrive enfin quelque chose, le rôle qu’ils se choisissent (la star, la punkette, le sportif, le bizarre) et l’affaire du moment : où est passé le beau Simon ? Des conversations qu’on surprend, des fausses pistes qu’on accumule et des occasions qu’on rate, à jamais. Bref, les pièces éparses d’un puzzle qu’illustre volontiers la musique de Sonic Youth quand, entre tensions et trouées de lumière, elle se fait erratique et semi improvisée.
Au Café
Toutefois, cette bande originale, entièrement instrumentale et composée spécialement pour le film, est sans conteste le volume le plus accessible et le moins éreintant de toute la série parue sur SYR. Il a beau en appeler à la tradition expérimentale du quatuor américain, il n’en reste pas moins assez direct, loin des extrapolations noise et des références cryptiques. Sonic Youth joue avec les structure et les textures sonores, glisse un gong ou quelques notes de piano mais, du jeu de batterie “motorik” de Steve Shelley aux cordes inversées des guitares de Lee Ranaldo et Thurston Moore, tout est plutôt orthodoxe et c’est très bien comme ça : c’est un jeu non pas sur la déconstruction franche, mais sur la surface et les apparences, à l’image d’un film moins propre qu’il n’y paraît. Après trente ans d’activité, le groupe ne ressent pas la pression de créer quelque chose de nouveau à chaque album. Il ressent davantage le besoin d’être vivant et c’est exactement ce que révèle ce neuvième volume de la collection SYR, qui illustre aussi combien la sensibilité de Sonic Youth pour l’improvisation a progressé, devenant à chaque fois moins gratuite et plus convaincante.
Thème d'Alice
Au Café
Toutefois, cette bande originale, entièrement instrumentale et composée spécialement pour le film, est sans conteste le volume le plus accessible et le moins éreintant de toute la série parue sur SYR. Il a beau en appeler à la tradition expérimentale du quatuor américain, il n’en reste pas moins assez direct, loin des extrapolations noise et des références cryptiques. Sonic Youth joue avec les structure et les textures sonores, glisse un gong ou quelques notes de piano mais, du jeu de batterie “motorik” de Steve Shelley aux cordes inversées des guitares de Lee Ranaldo et Thurston Moore, tout est plutôt orthodoxe et c’est très bien comme ça : c’est un jeu non pas sur la déconstruction franche, mais sur la surface et les apparences, à l’image d’un film moins propre qu’il n’y paraît. Après trente ans d’activité, le groupe ne ressent pas la pression de créer quelque chose de nouveau à chaque album. Il ressent davantage le besoin d’être vivant et c’est exactement ce que révèle ce neuvième volume de la collection SYR, qui illustre aussi combien la sensibilité de Sonic Youth pour l’improvisation a progressé, devenant à chaque fois moins gratuite et plus convaincante.
Thème d'Alice