En kiosque actuellement Commander

Andre Sider Af Sonic Youth – Roskilde Festival D. 1 Juli 2005 de Sonic Youth

chronique d'album

À tous ceux qui pensaient que Sonic Youth s’était rangé des guitares expérimentales au tournant des années 2000, le quatuor new-yorkais le plus incorruptible de sa génération creusait dès lors un sillon parallèle à ses disques officiels pour ne pas perdre de vue l’essence même de sa musique : le bruit. Si les trois premiers volumes avançaient timidement dans des structures circulaires aux guitares plutôt claires, c’est surtout avec leur Goodbye 20th Century (SYR 4, 1999), hommage aux compositeurs de musique concrète du siècle finissant, que le groupe, alors épaulé par Jim O’Rourke, dévoilait sa face la plus intransigeante et avant-gardiste, au point d’être boudé par les fans de la première heure.

La vraie réussite de cette série pour initiés reste jusqu’à présent Kim Gordon-Dj Olive-Ikue Mori (SYR5 ,2000) qui offrait une perspective musicale entièrement nouvelle. Sous la direction exclusive de Kim Gordon, du platiniste Dj Olive et de la batteuse Ikue Mori, figure emblématique de la no wave au sein du groupe éphémère et pyromane DNA, ce disque arpentait sous hypnose des territoires incertains entre ambient électronique, rugissements organiques et susurrements pop. Comme les trois derniers opus en date, Sonic Youth Med Mats Gustafsson Og Merzbow est moins une création originale que la trace d’une expérience live.

Enregistré au Roskilde Festival en juillet 2005, cette longue improvisation d’une heure comprend le saxophoniste suédois Mats Gustafsson avec lequel le groupe avait déjà enregistré une performance sous le pseudo Hidros 3, ainsi que Merzbow, figure historique de la noise japonaise connu et redouté pour ses triturations informatiques assourdissantes. Tout concert à écouter dans son salon est à la fois frustrant et inutile : comme pour leurs voisins hollandais de The Ex, toujours ouverts à des collaborations intenses avec des musiciens de tout bord, ces expérimentations ne peuvent se vivre pleinement qu’en direct.

Car il serait vain de vouloir graver sur quelque support que ce soit ces moments uniques où l’aléatoire et l’instinctif donnent naissance à un langage torturé et évanescent, tout autant brouillé qu’incandescent.

Thomas Bartel
MAGIC RPM  #123


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser