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Pío Pío
archive mag mai 2007
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D'aucuns les plus nombreux découvriront Teresa Iturrioz à travers son premier album, le curieusement nommé Pío Pío, qui comprend une chanson en forme de passeport idéal et de cours de rattrapage d'espagnol (Mi Primer Viaje). D'autres, adeptes de la pop ibérique en général et du Donosti sound en particulier, attendaient impatiemment son passage au long format, après deux... singles prometteurs (Honey et Su Recuerdo, en 2005) de l'ancienne bassiste et parolière de Le Mans, l'autre groupe emblématique de San Sebastian et du label Elefant avec Family (les Pet Shop Boys espagnols). À la manière trompeuse et récente de Valérie Leulliot, Teresa Iturrioz n'officie pas seul, mais en couple sur ce disque, qui la voit poursuivre son échappée belle avec l'inséparable Ibon Errazkin. Sans œillères et avec des clins d'oeil plus ou moins affichés, la paire s'offre en quinze titres autant d'excursions musicales. Ainsi, Single flirte autant avec la chaleur de la Jamaïque (Honey, chanson introduite par la voix de Roots Seeker) qu'avec la sensualité de l'Andalousie (Llévame A Dormir, imparable berceuse chaloupée), faisant souffler un vent de liberté artistique qui ne le voit exclure aucun genre musical, quitte parfois à dérouter l'auditeur (Mira, Basta, morceau qui se perd en conjectures rythmiques). Entre Tommy Hools (Señor Invierno, avec son pouls au ralenti digne du Maire De Venise) et Christina Rosenvinge (Algo Raro, tout en lumière tamisée), Teresa, Ibon et leurs six musiciens parcourent leur discothèque idéale, sans jamais sombrer dans l'exotisme de pacotille. Bon voyage. Seul ou accompagné.
Franck Vergeade
article extrait de :
MAGIC RPM #110
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