On avait rencontré Single il y a trois ans, à la sortie d’un premier
album décomplexé, Pío Pío, labyrinthe
ludique et mélodique, où les chansons finissaient à chaque fois par trouver une
jolie porte de sortie. Aujourd’hui, ils sont toujours deux à présider à la
destinée de ce “groupe” inclassable, tant il se refuse, dans un entêtement
délicieux, à se laisser emprisonner par une quelconque catégorie, aussi
exotique soit-elle. En près de vingt-cinq années de collaborations fructueuses
(Las Aventuras de Kirlian, Le Mans, des projets divers avec d’autres artistes),
Teresa Iturrioz et Ibon Errazkin ont pris le temps d’emprunter les chemins de
traverse, pour mieux découvrir à chaque périple musical de nouveaux paysages
sonores.
Et ce Monólogo Interior, dispensé dans une langue de Cervantés magnifiée par le timbre élégant de la dame, ne déroge pas à la règle. Car ici, impossible de se rattacher aux références habituelles et autres bouées de sauvetage pour tenter de décrire une œuvre intrépide et grisante – ce parfum entêtant de l’inconnu. Maîtrisant sur le bout des doigts les lexiques et codes musicaux anciens comme modernes, capables d’emprunter avec le même bonheur au R&B ou à la rumba, Single invente son propre idiome, qu’il décline à l’envi, entre virées rétrofuturistes baroques (Oda A Los Negros) et ballades irrationnelles reliant par un passage secret l’Andalousie au Japon (En El Restaurante). Synthétiseurs bricolés et piano dégingandé ornent souvent des compositions qui flirtent avec la liberté de ton et de direction. Les canevas aux oubliettes, Teresa et Ibon façonnent leurs chansons comme à tâtons, en profitent pour flâner sur le débonnaire Fotos, avant de se plonger dans une introspection insolite, le temps d’un Chinese White hypnotisant.
Alors, le tandem s’approprie Gracias A La Vida, l’hymne déhanché de la chanteuse chilienne suicidée Violeta Parra (célébrée en son temps par Joan Baez), évoque les virgules sciences-fictionnesques de Go-Kart Mozart sur Posponías, puis laisse vagabonder son imagination sur la minute de Pensamiento N°2, valse pop moderne qui doit autant à Gabinete Caligari qu’à Nino Rota. Alors, le temps d’un balai féerique plus orchestré qu’il n’y paraît, se télescopent sensations uniques et vertiges mélodiques, découvertes soniques et hommages authentiques, permettant à ce Monólogo Interior, rythmé par l’audace et l’effronterie, de ne jamais radoter.
Et ce Monólogo Interior, dispensé dans une langue de Cervantés magnifiée par le timbre élégant de la dame, ne déroge pas à la règle. Car ici, impossible de se rattacher aux références habituelles et autres bouées de sauvetage pour tenter de décrire une œuvre intrépide et grisante – ce parfum entêtant de l’inconnu. Maîtrisant sur le bout des doigts les lexiques et codes musicaux anciens comme modernes, capables d’emprunter avec le même bonheur au R&B ou à la rumba, Single invente son propre idiome, qu’il décline à l’envi, entre virées rétrofuturistes baroques (Oda A Los Negros) et ballades irrationnelles reliant par un passage secret l’Andalousie au Japon (En El Restaurante). Synthétiseurs bricolés et piano dégingandé ornent souvent des compositions qui flirtent avec la liberté de ton et de direction. Les canevas aux oubliettes, Teresa et Ibon façonnent leurs chansons comme à tâtons, en profitent pour flâner sur le débonnaire Fotos, avant de se plonger dans une introspection insolite, le temps d’un Chinese White hypnotisant.
Alors, le tandem s’approprie Gracias A La Vida, l’hymne déhanché de la chanteuse chilienne suicidée Violeta Parra (célébrée en son temps par Joan Baez), évoque les virgules sciences-fictionnesques de Go-Kart Mozart sur Posponías, puis laisse vagabonder son imagination sur la minute de Pensamiento N°2, valse pop moderne qui doit autant à Gabinete Caligari qu’à Nino Rota. Alors, le temps d’un balai féerique plus orchestré qu’il n’y paraît, se télescopent sensations uniques et vertiges mélodiques, découvertes soniques et hommages authentiques, permettant à ce Monólogo Interior, rythmé par l’audace et l’effronterie, de ne jamais radoter.