On n'est plus à une mutation génétique près. Quelques années après la mort précoce de l'electro et la renaissance du rock, voici le rejeton bâtard de l'accouplement entre ces deux genres. Et cela ne pouvait évidemment venir que de l'Angleterre, pays où tout indie kid a un jour côtoyé une rave ou un soundsystem. Dans la mouvance des Klaxons, Shitdisco malaxe joyeusement l'urgence du punk à l'hystérie hédoniste des grands rassemblements techno du début des années 90, même si le premier l'emporte largement sur le second. Alors bon, nouveau cousin consanguin à moitié crétin ou gimmick journalistique made by NME, peu importe, ici, on envoie du bois. Efficace comme un bon vieux Devo, radical à souhait, Shitdisco lacère ses riffs de guitare de paillettes disco sur des titres stupidement addictifs (I Know Kung Fu, 3D Sex Show ou Disco Blood), où sont convoqués les spectres de Bobby Orlando et Giorgio Moroder dans un stupéfiant happening vaudouisant. Et rien que pour ce genre de détails, on se laisse spontanément prendre au jeu de ces gars de Glasgow, qui ont essuyé les premières parties de The Rapture avec un panache retentissant. On n'ira pas jusqu'à dire qu'ils ont inventé le fil à couper le beurre, mais Shitdisco possède le gros bénéfice d'un humour totalement débridé mêlé à une énergie fatalement contagieuse.