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Volume One
archive mag juin 2008
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Sous ses airs mi-ténébreux, mi-flegmatique, Matt Ward cache un tempérament de boulimique de travail, multipliant en marge de ses propres albums les collaborations les plus éclectiques : quelques notes de guitare posées chez Bright Eyes, une demi-année à sillonner le monde en compagnie de Norah Jones. L’Américain ajoute aujourd’hui une belle corde à son arc. Beaucoup d’autres s’y sont essayés avant lui et peuvent le confirmer : s’il est bien un chouette métier, c’est celui de Pygmalion. La jeune actrice Zooey Deschanel le sait parfaitement, elle qui fût muse dans l’excellent Presque Célèbre (2000) de Cameron Crowe, l’un des rares coup d’éclats d’une filmographie anecdotique. Potentiellement, ces deux-là avaient beaucoup à faire ensemble. Le premier volume de leur collaboration en apporte un témoignage charmant. À deux reprises près, Zooey Deschanel a écrit et composé l’intégralité de ce recueil de chansons pimpantes et légèrement surannées, qui puisent leur inspiration à la fois du côté de la country la plus classique et de la pop pétillante des girlsgroups des années 60. C’est précisément dans cette veine que le duo est le plus convaincant. La voix acidulée de Zooey, démultipliée en chœurs craquants, fait bon ménage avec un emballant mélange de rythmiques roulantes, guitares acoustiques et piano. L’imparable This Is Not A Test et les formidables Sweet Darlin’ (composée avec l’acteur top classe Jason Schwartzman), Why Do You Let Me Stay Here? ou I Was Made For You auront probablement peu de concurrence cette année dans un registre pop proche des clins d’œil millésimés de Belle And Sebastian. Les magnifiques ballades Sentimental Heart, Take It Back et I Thought I Saw Your Face Today jouent avec une grande élégance sur l’association voix, claviers, chœurs et cordes. Seul bémol, les quelques morceaux country flirtent dangereusement avec le pastiche pur et simple, malgré la présence chaleureuse de Matt Ward à la guitare ou au chant. Rien de suffisamment grave pour retirer au charme de ce beau disque de saison.
Vincent Théval
article extrait de :
MAGIC RPM #121
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