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Biographie

En quelque trois ans d'existence seulement, les Sex Pistols ont marqué l'histoire du rock de leur empreinte. Pour le meilleur et pour le pire. Formé en 1975 sous l'impulsion du manager Malcolm McLaren – qui s’est fait les dents avec les New York Dolls –, le groupe va révolutionner la scène musicale. Détonateur et fer de lance du mouvement punk dans une Angleterre des années 70 en pleine crise sociale, la formation menée par Johnny Rotten se caractérise par un goût de la provocation un rien infantile. Retour sur un parcours hors normes. Le magasin de vêtements sado-masochistes, Sex, que tient McLaren avec sa complice Vivienne Westwood, est le repaire des jeunes Londoniens désœuvrés. Un certain Glenn Matlock (basse) y travaille en tant que vendeur. C'est là qu'il croise Paul Cook (batterie), Steve Jones (guitare) et, donc, John Lydon alias Rotten (chant). McLaren va donner au quatuor son nom de baptême et leur façonne un look singulier. La musique, elle, tourne autour de trois ou quatre accords portés par une rythmique incisive – avec réminiscence sixties prégnantes, en témoignent reprises des Who et des Small Faces –, alors que les textes parlent d'anarchie, évoquent le fascisme et jouent avec la violence. Quant aux concerts, ils se terminent souvent dans le chaos… En 1976, ils frappent un grand coup en sortant chez EMI leur premier single au titre qui annonce la couleur - noire, la couleur : Anarchy In The UK. Et puis, les voilà sur les petits écrans britanniques, invités à l'émission animée par Bill Grundy. S'en suit une pluie d'insultes en direct  à une heure de très grande audience. Les téléspectateur font part de leur indignation, l'opinion publique se dit choquée. Cette prestation fait scandale dans les journaux du lendemain, contribuant à façonner une légende qui finit par occulter le principal : les Pistols sont un bon groupe de rock. Parmi tant d'autres. Mais la légende est en marche. EMI vire le groupe, certaines villes refusent de l'accueillir en concert. Dans la tourmente, Glen Matlock est viré par McLaren – ou Rotten, ou tout le monde –, remplacé par le meilleur copain du chanteur, Sid Vicious, qui deviendra l'icône punk par excellence sans même savoir aligner deux notes de basse. Le néo-quatuor signe chez A&M le 10 Mars 1977, projetant de sortir son deuxième single, God Save The Queen, pour mieux préfigurer le Jubilé. Mais une énième baston plus tard, les trublions sont à nouveau virés après seulement six jours de contrat, les employés du label refusant de travailler pour une formation s'en prend à leur souveraine... C'est finalement Virgin qui sortira  le disque en mai 1977. Le 7 Juin, les quatre musiciens – entourés d'amis et de journalistes triés sur le volet – de fêter à leur manière l'anniversaire de la Reine, en donnant un concert dans un bateau voguant tranquillement sur la Tamise. Résultat : la police arrête les festivités sans ménagements. Alors que le slogan No Future résonne dans toutes les têtes, que le punk devient un terme galvaudé et un “produit” comme un autre, God Save The Queen s'écoule à quelque 250 000 exemplaires, préparant le terrain pour le premier et unique album Nevermind The Bollocks…, dans les bacs des disquaires – enfin, ceux qui acceptent de le distribuer –, le 24 octobre 1977. Ce devrait être le véritable point de départ de l'histoire. Ce sera en fait un chant du cygne. En janvier 1978, les Pistols partent à l'assaut du nouveau monde et implosent en pleine tournée, Johnny Rotten ayant d'autres appétences que d'être considéré comme une simple marionnette entre les mains d'un McLaren omnipotent.  Ce dernier parvient à convaincre les trois autres membres de poursuivre l'aventure, mais tout finit en eau de boudin. Rottent, redevenu Lydon, forme l'un des groupes les plus géniaux de la mouvance post-punk, Public Image Limited, quand son copain Vicious se laisse rattraper par son personnage : accusé du meurtre de sa compagne Nancy Spungen, il meurt d'une overdose d'héroïne le 2 février 1979, peu de temps après sa sortie de prison. Depuis, livres, films, documentaires, rééditions et compilations sont venus nourrir une légende, que même les reformations intéressées (en particulier celle de 1996) ne sont pas venues entacher. Car depuis des générations, les Sex Pistols sont toujours considérés comme le groupe punk définitif…