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Sexuality
archive mag mars 2008
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Si d'aventure vous deviez faire escale à “Biarritz en été”, rendez visite à la Vierge dominant l'Océan et priez pour le salut de son âme. Car, du haut de sa Roche, la vertueuse vient d'en prendre un sacré coup. D'ailleurs, en entendant les beats lascifs du morceau introductif, une certitude s'impose : la conception du troisième album de Sébastien Tellier n'a rien eu d'immaculée. Épaulé dans sa tâche par Guy-Manuel de Homem-Christo (qui cosigne deux titres, morceaux Kilometer et Elle, et répond en majeure partie des arrangements des autres), le plus “à poils” de nos artistes hexagonaux a pris son pied. Et il n'est pas le seul. Sa copine, Amandine de La Richardière, aussi apparemment, puisqu’elle s'improvise choriste de lux(ur)e sur le bien nommé Kilometer, avant de croquer goulûment le fruit défendu (Pomme). La demoiselle a beau exercer le métier de comédienne, lorsque son Pygmalion impute ces râles à d'orgasmes authentiques (ils auraient été enregistrés pendant leurs ébats amoureux), on ne doute bizarrement pas de sa sincérité. De l'art de la “prise” de son, comme dirait l'autre. Mais Sexuality n'est heureusement pas qu'une simple blague de cul. Compositions aventureuses, nappes de synthétiseurs caractéristiques du compositeur depuis Politics (2004), traits d'humour et poses R&B sont le lot de ce disque où le ténébreux single Sexual Sportswear s'avère relativement en rupture de ton. Et si l'histoire se termine sur un divan (L'Amour Et La Violence, chef-d'œuvre christophien que l'on dit dédié à son psy), ailleurs, soleil et amour constituent le décor dénudé d'une lune de miel fantasmagorique, quelque part entre les côtes basque et californienne, la terre des Beach Boys (Bitch Boys ?) étant largement foulée sur Divine, une (autre) ritournelle dont on ressort finalement supertrampé. Contrairement à ce que nous avait laissé entendre le barbu lors de notre rencontre à l'occasion de ses magistrales Sessions (2006), la langue dominante n'est pas celle de Marc Dorcel, mais bien celle de Larry Flint, voire de Rocco Siffredi sur Manty, curieuse ballade vaporeuse aux relents d'opéra qui laisse à entendre une femme qui rit (à moitié dans ton lit ?). Et puisque ledit morceau ne dépareillerait pas dans une réclame pour le jambon d'Aoste, choisissons pour conclure cet adage plus que jamais à propos : tout est bon dans le cochon.
Faustine Kopiejwski
article extrait de :
MAGIC RPM #117
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