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En somme, voici éditée la version dancefloor et métallique du sucré et sensuel Sexuality (2008). Où se croisent quinze remixes, dont trois inédits, rendant hommage à l’œuvre plébiscitée du dandy français. Forcément, impensable ici de tenter de magnifier le charme kitsch de l'original, tant il réside dans la parfaite justesse des arrangements. Il ne s'agit là que d'amusements finement orchestrés, de jolies perles en forme de mercis. On entame par l'excellente bombe Sexual Sportswear arrangée à la sauce SebastiAn, avant de poursuivre entre pépites intelligentes et tentatives plus ou moins pertinentes. Côté Roche, saluons la magistrale reprise de Kavinsky, grand bleu magnétisant à vous filer la chair de poule et ôter quelques larmes, ou encore, dans un tout autre registre, le remix solaire et sautillant de Breakbot. Ailleurs, le talent d'Arpanet parvient à plonger Kilometer dans un thriller érotique, quasi lynchien.

Quant au Fingers Of Steel d'Hypnolove, il vaut également le détour, en s'octroyant une course vers le point culminant, sous l'impulsion toute contemporaine des violons. Plus loin, on ne s'étonnera pas de l'excellente odyssée spatiale que permet Midnight Juggernauts à Divine, et on appréciera les coups ioniques donnés par Danger. Parce que l'on avait aimé L’Amour Et La Violence pour sa trouble nudité, on ne retiendra pas, égoïstement, la tentative de Boys Noize, tout en reconnaissant un intérêt dans la version de Floating Points, vertigineuse, qui cherche savamment à fuir la pesanteur équilibrante. Pour finir, bien vu à Kasper Winding pour sa version de Elle, plus lourde, plus riche, mais toujours aussi joliment lasse – agréable contraste. Si quelques titres forts manquent à l'appel (Look en tête), cette relecture ne cherche pas à suivre l'exemple de l’original, juste à lui rendre hommage. Preuve que Sexuality est bel et bien un classique.
Marion Lecointre
MAGIC RPM  #144


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