La discrétion de Sébastien Schuller ne doit pas
faire oublier combien il s’est aventuré sur un terrain accidenté, où le faux
pas guette à chaque instant, celui du lyrisme dépouillé. Beaucoup n’en reviennent
jamais, tout simplement parce qu’ils s’y plaisent, enferrés dans la convention
et certains que quelques notes de musique noblement pianistiques et une voix
gagnée par l’émotion suffisent à faire acte de présence dans l’actualité
discographique.
Anti-spectaculaire et nuancée, la musique dont il est question ici affiche au contraire une exigence, malgré (grâce à ?) sa vulnérabilité. Il s’agit, en veillant toujours à garder à distance la préciosité ou le geste trop doucereux, de faire venir à elle l’auditeur et de ne plus le lâcher. Il lui faut veiller à lui faire perdre de son indifférence et de son sarcasme, au contact de ces Lieder qui surviennent comme autant de gestes caressants et de cette voix qui balance entre le ton légèrement plus haut et le ton légèrement plus bas, comme autant d’ondulations d’un plaisir manifeste mais jamais putassier. Et ça, ce n’est pas une mince affaire, surtout si le choix est assumé de maintenir aussi une sensibilité pop, une approche accessible et directe.
À première écoute, Evenfall peut rappeler les grandes pages de Perry Blake et surtout celles du Belge Wim Mertens, dont le titre le plus connu sonne presque comme une profession de foi pour Sébastien Schuller : Struggle For Pleasure. Torché en une semaine sur ProTools par un dilettante sûr de son fait, Evenfall ressemblerait à une parodie de Rue Des Cascades (1996) de Yann Tiersen. Oui, mais voilà, à force de travail et de jugeote, ce second album se dégage des stéréotypes de l’école répétitive et le piano, majoritaire, entame un dialogue privilégié avec l’élément vocal pour laisser subsister une intensité calme dont on ne décèle que la subtile magie, jamais les ressorts grossiers.
Harmonieux et concis, ce disque éradique aussi toute trace d’un ennui poli. Avec des petits moyens et sans en rajouter, Sébastien Schuller a placé la barre haut et il vient même de la sauter. Bibliothécaire de formation et homme du large, ce n’est pas incompatible.
Anti-spectaculaire et nuancée, la musique dont il est question ici affiche au contraire une exigence, malgré (grâce à ?) sa vulnérabilité. Il s’agit, en veillant toujours à garder à distance la préciosité ou le geste trop doucereux, de faire venir à elle l’auditeur et de ne plus le lâcher. Il lui faut veiller à lui faire perdre de son indifférence et de son sarcasme, au contact de ces Lieder qui surviennent comme autant de gestes caressants et de cette voix qui balance entre le ton légèrement plus haut et le ton légèrement plus bas, comme autant d’ondulations d’un plaisir manifeste mais jamais putassier. Et ça, ce n’est pas une mince affaire, surtout si le choix est assumé de maintenir aussi une sensibilité pop, une approche accessible et directe.
À première écoute, Evenfall peut rappeler les grandes pages de Perry Blake et surtout celles du Belge Wim Mertens, dont le titre le plus connu sonne presque comme une profession de foi pour Sébastien Schuller : Struggle For Pleasure. Torché en une semaine sur ProTools par un dilettante sûr de son fait, Evenfall ressemblerait à une parodie de Rue Des Cascades (1996) de Yann Tiersen. Oui, mais voilà, à force de travail et de jugeote, ce second album se dégage des stéréotypes de l’école répétitive et le piano, majoritaire, entame un dialogue privilégié avec l’élément vocal pour laisser subsister une intensité calme dont on ne décèle que la subtile magie, jamais les ressorts grossiers.
Harmonieux et concis, ce disque éradique aussi toute trace d’un ennui poli. Avec des petits moyens et sans en rajouter, Sébastien Schuller a placé la barre haut et il vient même de la sauter. Bibliothécaire de formation et homme du large, ce n’est pas incompatible.