Le choc des mondes. The Drift est l'enfant d'une rencontre a priori impossible, improbable, presque contre-nature. En effet, voir Scott Walker (soixante-trois ans au compteur) sortir un album chez le légendaire label 4AD a quelque chose de surréaliste et paradoxalement fascinant. Comment cet artiste mythique et ô combien romantique allait-il se fondre dans l'univers gothique et si particulier de la maison anglaise ? Quel étrange Frankenstein pop sortirait de cette expérience périlleuse ? Scott Walker se relèverait-il de son triste travail sur la bande originale du film Pola X (1999) ? La réponse à toutes ces questions surgit dès les premières notes de l'inaugural Cossacks Are. Et elle est implacable. Déception. Consternation. Incompréhension. Il n'existe malheureusement pas d'autres mots pour définir le successeur de Tilt (1995). Walker déclame ses textes sans aucune conviction sur une musique surannée et dépassée. Et la suite est du même acabit. Clara est un interminable tourment (douze minutes !) emprunt d'une prétention qui frise la parodie. Et c'est cela le plus grand drame de The Drift. À cette voix jadis bouleversante et devenue aujourd'hui anecdotique répond une musique proprement impensable, sorte de caricature méchante des oeuvres sorties sur le label au temps de sa splendeur. Album qui se veut atmosphérique, conçu comme une bande son imaginaire, The Drift est tout simplement une catastrophe. Terrible constat. Pauvre Scott Walker, pour qui le soleil ne semble plus vouloir jamais briller.
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ta rien compris,ce disque n'est tous simplement pas pour toi,alors arrête tes critiques bidons