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Saul Williams
archive mag avril 2005
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Doué de suffisamment de facettes pour rebondir dans plusieurs directions, Saul Williams, remis de ses petites déceptions de novice discographique, revient quatre ans plus tard après, quoi qu'il en pense, l'excellent Amethyst Rock Star. "J'étais déjà artistiquement ailleurs quand le disque est sorti", dit-il. "Pour le suivant, j'ai voulu tout contrôler, la direction, la production et, donc, le sens"... Aidé de Serj Tankian (agitateur patenté et bourrineur chezSystem Of A Down), Williams écrit son "indus-punk-hop" (sic) sur une partition plus sobre et électronique, étayée d'estafilades métalliques. Évitant tout prêchi-prêcha, l'éponyme Saul Williams est aussi "rentre-dedans" et radical que son prédécesseur et l'éloquence des textes de son auteur digne de celle du museau d'un 9mm! L'intervention (forcément) musclée de Zack De La Rocha vient renforcer l'impression de divine colère (Act III Scene 2, Shakespeare), l'emploi d'un riff de Chrome donne une qualité d'urgence à Grippo, renforcée par le monstrueux List Of Demands. Au cours d'un passage calme, African Student Movement salue les "originateurs" The Last Poets, et Black Stacey, en confidence, fait état de ce surnom ridicule dont Williams, trop noir, a tant souffert étant enfant (Stacey est un prénom de fille!). Chaînon manquant entre Gil Scott-Heron et Public Enemy, le poète au prénom biblique continue de concevoir son art comme Hendrix, la guitare. On imagine facilement que cet album défrisera une Amérique encore plus repliée sur elle-même que d'ordinaire et qu'elle s'empressera de le traiter d'antipatriotique. Que la "vieille Europe" lui réponde.
MARC GOURDON
article extrait de :
MAGIC RPM #89
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