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Amethyst Rockstar
archive mag janvier 2001
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Un crincin de violon, un beat qui pompe dur, des choeurs extatiques et cette voix au flow étonnant. Dès le premier morceau, on sait qu'on tient un des albums hip hop de l'année et on peut même se passer du terme hip hop. Saul Williams, plébiscité aux dernières Transmusicales, n'est pas exactement un inconnu. Interprète principal du film Slam, hommage aux joutes verbales poétiques dans lesquelles il excelle, Williams jouait un jeune détenu qui trouve la rédemption par le verbe. À l'époque de la sortie du film il y a deux ans, Williams avait tout pour faire une star fort acceptable : gros talent, et message spirituel (libérez-vous de vos chaînes intérieures, non-violence et méditation). Ben voilà, c'est pour maintenant. Saul a suffisamment de plastique vocale pour rapper et chanter de la soul ou du rock et il fait un peu de tout ça. Sa puissance de conviction aurait pu en faire un prêcheur (comme papa) ou un politicien. Il sera finalement parfait en musicien. Malgré son message positif, Williams ne donne pas que dans la musique béate. Robeson convoque toms tribaux et une ligne sonore grésillante, inquiétante. Om Nia American est du rock fusion à la Rage Against The Machine. Tao Of One juxtapose zébrures de cordes, voix féminine aérienne et son chant qui prend de l'ampleur, jusqu'au grondement. Ailleurs, il se lance dans une logorrhée du plus pur type slam ou dans une semi-ballade aux inflexions presque reggae. Marc Levin, le réalisateur de Slam, voyait en Saul Williams un hybride de Dylan et Marley. Il n'a peut-être pas tort.
Philippe Richard
article extrait de :
MAGIC RPM #47
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