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12 (Las Vegas Is Cursed) Felk

archive mag novembre 2000
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À ma droite, Sandy Dillon, chanteuse hallucinée à l'inquiétante voix brisée, improbable mélange entre Nina Hagen et Tom Waits. À ma gauche, Hector Zazou, musicien multi-instrumentiste et fils spirituel de Brian Eno et Kraftwerk, grand déclencheur d'ambiances décalées, tour à tour planantes et oppressantes. Au centre, 12 (Las Vegas Is Cursed), album-rencontre, collection de chansons élevées dans l'obscurité par des parents terribles : on se croirait plongé dans une adaptation musicale d'Eraserhead, le génie de Lynch en moins. L'alchimie du duo emprunte autant à Pierre Boulez qu'aux incontournables Tom Waits (toutes périodes confondues) et Captain Beefheart. Le résultat, sorte de free jazz industriel et bancal est, reconnaissons-le, des plus difficiles d'accès, voire franchement épuisant (Sandwiched#1 et Sandwiched#2). On ne sauvera finalement de ce disque que les brèves apparitions de la guitare cubiste de Marc "Rain Dogs" Ribot (Still Moving In Fear), toujours impeccable dès qu'il s'agit de se lancer dans la déconstruction de quelques solos atones, et une reprise plutôt réussie du Her Eyes Are A Million Miles de Don Van Vliet (le capitaine coeur de boeuf en personne). C'est bien peu et c'est dommage.

Renaud Paulik

magazine num 46 article extrait de :
MAGIC RPM #46


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