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Beautiful People Are Evil

archive mag octobre 1999
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De Sand, on avait retenu l'éclectisme d'un maxi, oscillant entre heavy-rock et fusion jazz, à la Miles Davis, le tout faisant songer, comme de bien entendu, à du Tortoise serti par des amateurs autistes de pubs londoniens, en lieu et place des mathématiciens du son de Chicago. Ce groupe avait donc suscité l'intérêt, la curiosité, bref un début de sympathie. À l'écoute de Beautiful People Are Evil, on retrouve tout ce qui nous avait plu la première fois chez Sand, c'est-à-dire cette impression d'entendre un groupe comme les Melvins jouer du jazz, avec délicatesse, puissance et concision. Une fois expédiés les deux premiers morceaux de cet album, les moins intéressants, les oreilles sont emportées dans un torrent de sonorités, jamais trop brutes, jamais trop douloureuses, toujours tendues à souhait, saignantes presque, rappelant à loisir certaines tentatives des années 50-60 de faire fusionner jazz et musique ethnique. La musique de Sand, bien qu'instrumentale, n'est jamais abstraite ou trop intellectuelle. On sent ici les musiciens pris d'une sudation folle, soufflant dans leurs cuivres, raclant les cordes de la contrebasse, saignant les guitares à blanc. Et lorsque entre les notes de Melodica émerge un pseudo chant de muezzin, on se retrouve soudain en pleine casbah millénariste, au sommet du plus haut des minarets musicaux. Sand, ou la vraie Oasis.

Joseph Ghosn

magazine num 34 article extrait de :
MAGIC RPM #34


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