Biographie
“T’as vu Into The Wild ?”, lui demanda, un jour, son directeur
artistique. “Oui, d’ailleurs, je voudrais
que mon album ressemble au dernier film de Sean Penn”, lui répondit Sammy
Decoster, qui préfère la campagne à la ville, les grands espaces à la foule
parisienne. Nouvelle tête (bien faite) au charisme inné, le jeune chanteur sait
où il va. Avec une quarantaine de concerts dans les pattes et un Ep fraîchement
sorti, Tucumcari (d’après le nom d’un
village du Nouveau-Mexique), ce fan incorrigible d’Elvis Presley, dont il arbore
fièrement des tee-shirts vintage, fait souffler un courant d’air américain sur
le sol français. D’ailleurs, une fois l’album enfin achevé, Sammy et sa dulcinée
partiront se dépayser en Amérique, à la découverte du Colorado dans une formule
“blue motel”. Alors étudiant en
géographie, ce fils de Nordiste croise la route du groupe Ultra Orange, avant la
sortie de leur album Snow-White
(2001). Le courant passe si bien qu’il devient leur guitariste scénique. Dans
son coin, Decoster fomente un trio, Tornado (cf. forum in magic n°81), dans un fonctionnement
tournant à la Sebadoh. Titulaire d’une licence de géographie, Sammy hésite à
poursuivre ses études pour devenir garde forestier, mais il décide finalement de
se consacrer à la musique. Sans perdre le Nord et présager d’un avenir incertain
– crise du disque oblige. Ainsi, pendant cinq ans, il travaillera comme
éducateur dans un foyer pour handicapés et malades mentaux, à Montfermeil.
Parallèlement, il compose, écrit et maquette ses premières chansons sous son
propre patronyme. Le nom de Sammy Decoster commence alors à circuler dans le
milieu jusqu’à sa signature chez Barclay, prestigieux label d’Universal expert
en figures chantantes (Léo Ferré, Alain Bashung, Bertrand Cantat, etc.). Tucumcari, le titre du Ep qui sera
également celui du Lp à paraître en 2009, est une exemplaire carte de visite,
qui montre son auteur-compositeur-interprète aussi à l’aise dans la ballade
hypnotique (Tucmcari) que dans le
refrain innervé (Je Partirai Me Suicider
À Hawaï, inspiré par Mark David Chapman, l’assassin de John Lennon), le
blues décharné (J’Ai Trop Aimé
L’Enfance) que le rock magnétique (The Drive). Pas étonnant de la part d’un
garçon qui refuse de choisir entre Sonic Youth et Dean Martin, Françoise Hardy
et Patsy Cline. Révélation de la rentrée hexagonale, Sammy Decoster jette un
(grand) pont entre Jackson C. Frank et 16 Horsepower.