Sans s'en donner l'air, Saint Etienne est en passe de s'imposer comme l'une des formations les plus créatives de sa génération : cinq albums "officiels" en dix ans soit un rythme ahurissant comparé à leurs contemporains , faces B de qualité, projets annexes et, surtout, pléthore d'inédits que le groupe a parfois le bon goût de réunir sur des compilations qui font oeuvre de disques à part entière. On se souvient de l'excellent I Love To Paint, au début des années 90, destiné aux heureux membres du fan-club ou, plus récemment, de ce Continental qui a fait la joie du public japonais. Cette fois, c'est Sub Pop qui a eu l'heureuse initiative de publier Interlude, pour "sauver" neuf chansons accompagnées par la belle reprise du Stevie de Dennis Wilson, déjà présente sur l'hommage aux Beach Boys paru l'an passé sur Marina Records , enregistrées au printemps et à l'été 99, en pleine gestation de Sound Of Water. Une façon de prouver que Pete Wiggs, Bob Stanley et Sarah Cracknell dont les susurrements s'avèrent décidément de plus en plus désarmants... n'ont pas forcément besoin de l'aide extérieure de To Rococo Rot pour mettre sur pied de petites odyssées électroniques et pernicieuses, à l'instar du robotique Nothwestern ou de l'instrumental Bar Conscience. Mais le trio est toujours aussi subjugué par le classicisme 60's et la beauté de l'acoustique, les arrangements à l'ancienne les cuivres discrets de la royale Queen Of Polytheme , et la simplicité le piano mélancolique de Mountain Rain. Et tout cela sans oublier Shoot Out The Lights, nouveau mini-tube imparable sortie du cerveau de ces Francophiles mélomanes, qui signent avec Le (sic) Ballade De Saint Etienne le compagnon parfait des journées pluvieuses. Plus que sur les terrains de foot, c'est bien dans le domaine artistique que Saint Etienne se ballade aujourd'hui.