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Il serait dommage de négliger Ryan Adams sous prétexte que le garçon est un poseur fini couronné de la plus belle tête à claques croisée depuis des lustres en variété internationale. À l'époque de son premier groupe Whiskeytown (par exemple, mais pas seulement), l'homme a troussé quelques folk songs fort recommandables. Oublions donc pour un moment ces clichés Rock'N'Roll accumulés pour nous intéresser à l'essentiel, sa musique, via son sixième (et double) album en date, ce copieux Cold Roses. Enregistré avec l'aide de The Cardinals, soit une formation des plus classiques comprenant guitares, basse, batterie et claviers, les deux galettes auraient fait un bien beau simple si le chanteur avait pris la peine de trier parmi son foisonnant répertoire. Soin qu'il délègue malheureusement à ses auditeurs, au risque d'en perdre bon nombre en chemin. Car s'il semble évident que The River de Bruce Springsteen figure parmi les disques de chevet d'Adams, on ne compte pas le même nombre de perles au sein de Cold Roses. Et à ce jeu de quitte ou double, l'auteur de l'enlevé Easy Plateau ne sort pas grandi, même si sa voix, entre l'oublié Mike Scott des Waterboys et le grand Neil Young, sauve plus d'une composition du naufrage intégral. On ne compte d'ailleurs plus les compositions (Meadowlake Street, When You Come Back Home, Mockingbird, etc.) inspirées par le Loner seul ou accompagné de son Crazy Horse, qui hérite pour le coup d'un encombrant rejeton de plus qui, espérons-le, prendra un jour la peine de ranger sa chambre pour le bien de tous.
RENAUD PAULIK
MAGIC RPM  #92
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