Le mariage du jazz et de l'electro n'est pas chose aisée. Rubin Steiner, Tourangeau audiophile et homme de spectacle, prend inévitablement le risque avec ce second album d'en subir les critiques les plus aisées et immédiates. Entre musique d'ambiance arty et citations un rien pompeuses (Coltrane, Mingus, ce genre d'incongruités), ses vignettes jazzy laissent de prime abord un fugace arrière-goût de vacuité, laissant pointer, l'air de rien, le menaçant syndrome St Germain. Pourtant, connaissant le bonhomme et sa verve artistique, mieux vaudra oublier ses a priori pour prendre ce Wunderbar Drei pour ce qu'il est. Soit un joyeux bordel d'association d'idées, certes pas toujours fines et/ou raisonnables, mais balancées avec ce minimum d'entrain et de bonne volonté communicative qui ont fait la notoriété de cet ancien animateur radio devenu bête de scène. Capable de coller une boucle synthétique à la Carl Craig sur trois accords de samba (Guitarland) ou d'aller faire visiter à Melody Nelson le Lay Lady Lay de Dylan (Minellos), Rubin Steiner convainc surtout quand il laisse sa large culture musicale aux vestiaires.