Le précédent album de Royal Trux, Thank You, avait ses détracteurs. Il marquait pourtant une étape intéressante dans l'histoire de ce groupe bizarre, en rendant accessible une capacité à formuler le chaos d'un rock'n roll déliquescent dans un format presque pop, via quelques morceaux de bravoure tel Map Of The City. Sweet Sixteen est clairement un pas en arrière et, sans vouloir faire du prosélytisme lo-fi, on commence vraiment à regretter les errements parfois magiques des premiers albums du groupe (l'époque Drag City). Neil Hagerty, ex-Pussy Galore, est en effet subitement devenu bavard, vraiment trop bavard, sans compter que sa guitare n'est pas en reste... Les thèmes se multiplient à l'intérieur de la même chanson, les changements rythmiques abondent jusqu'à donner mal à la tête, les lignes mélodiques se brouillent et s'évanouissent comme elles sont apparues, comme si le disque se refusait à être écoutable, à signifier quelque chose à ceux qui ne l'ont pas conçu. "Positive aspect of negative teenage energies" résume Neil Hagerty. Un programme et une manière dignes de certains albums des Rolling Stones mis en oeuvre par des autistes doués qui n'ont cure de laisser ouvert le moindre soupirail de leur univers déchiqueté. Un disque qu'on se refuse à trouver mauvais mais qui reste définitivement fermé à double tour.